Bordeaux: Entre la ville et le casino Barrière, les jeux sont faits

FINANCES La municipalité vient de conclure un nouveau contrat avec le groupe Lucien Barrière, pour l’exploitation du casino de Bordeaux-Lac. Au grand dam de l’opposition…

Mickaël Bosredon

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Illustration casino.
Illustration casino. — no credit
  • Le nouveau contrat entre la ville et le groupe Barrière porte sur 15 ans, ce que déplore le groupe socialiste.
  • L’adjoint aux finances Nicolas Florian souligne pour sa part que la ville y gagne un million d’euros par an.
  • Le casino s’engage par ailleurs sur une modernisation de l’établissement ces prochaines années.

A l’occasion du vote sur le renouvellement du contrat de concession entre la ville de Bordeaux et le groupe Lucien Barrière, concernant l’exploitation du casino de Bordeaux-Lac, le débat sur l’implantation même de ce casino a refait surface au cours du conseil municipal, ce lundi après-midi.

Au titre de « ville touristique », Bordeaux est autorisée depuis 2000 à accueillir sur son territoire un casino. Le contrat de délégation de service public (DSP) entre la ville et la Société d’animation touristique de Bordeaux (SATB), filiale à 99,9 % du groupe Lucien Barrière, arrive à son terme au 31 janvier 2019. « Nous avons relancé une procédure avec deux offres : 7 ans et neuf mois, ou 14 ans et neuf mois, explique Nicolas Florian, adjoint aux Finances. Un seul candidat s’est manifesté, le groupe titulaire du contrat d’exploitation actuel. »

Plus de 11 millions d’euros de recettes annuelles pour la ville

Le choix d’un contrat sur 14 ans et neuf mois a été choisi par la ville, ce qui permet, insiste Nicolas Florian, un « toilettage » du contrat initial. Pour résumer, la municipalité touchera dorénavant 7,5 % du produit des jeux du casino, soit 11,22 millions d’euros par an. « Cela se traduit par un gain de plus d’un million d’euros par an pour la ville », se félicite la municipalité. « Si nous avions opté pour un contrat sur 7 ans, la redevance aurait été inférieure d’un million d’euros », assure Nicolas Florian.

L’adjoint aux Finances souligne par ailleurs avoir obtenu du casino qu’il s’engage sur une rénovation du bâtiment, pour un montant de 6 millions d’euros, dans les deux à trois prochaines années, avec notamment de nouveaux concepts de restaurants et de bars. Et sa contribution pour les animations culturelles, passera de 200.000 euros par an à 600.000 euros.

Troisième casino le plus riche de France

Alors, jackpot pour la ville ? Personne au sein du conseil n’a contesté la belle opération financière réalisée sur ce coup. Mais au sein du groupe PS, Michèle Delaunay déplore ce nouveau contrat. « Le jeu est un impôt sur les plus vulnérables et une source d’addiction », a martelé l’élue d’opposition, qui assure que « si nous étions aux affaires, nous en finirions avec l’implantation de casinos à proximité des quartiers populaires ». Et de rappeler que c’est Jacques Chaban-Delmas, en son temps, « qui avait obtenu pour Bordeaux une dérogation, via un amendement, pour accueillir un casino ». Aujourd’hui, « ce casino est le troisième plus riche et productif de France ».

Surtout, insiste Michèle Delaunay, « nous ne nous serions pas engagés sur une durée de 15 ans, ce que nous allons regretter, car nous allons avoir les mains et les pieds liés ».

Un débat qui a fini par agacer le maire Alain Juppé. « Cela fait 25 ans que nous ne sommes pas d’accord sur ce sujet, a-t-il lancé à Michèle Delaunay. Moi, je me réjouis des négociations menées par Nicolas Florian, et cet argent servira évidemment aux intérêts de la ville. » Fin de la partie.

La délibération a été adoptée, malgré le vote contre du groupe PS, et des élus écologistes de Bordeaux, qui déplorent aussi « un contrat trop long et une partie culturelle trop peu développée ».