Gironde: Baisse de la fréquentation touristique en 2018 après une année 2017 record

TOURISME La baisse, ressentie au niveau national, a été particulièrement forte sur le Bassin d’Arcachon, habituellement prisé de la clientèle française, en retrait cette année…

Elsa Provenzano

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La place de la Bourse et le miroir d'eau font partie des hauts lieux touristiques de la ville.
La place de la Bourse et le miroir d'eau font partie des hauts lieux touristiques de la ville. — JAUBERT/SIPA
  • Les touristes ont été moins nombreux à venir en Gironde cet été, en particulier les Français.
  • La clientèle française a préféré les destinations du bassin méditerranéen et les grosses chaleurs ont désavantagé le tourisme urbain.
  • Mais l’arrière-saison s’annonce très bien et pourrait rattraper un peu ce premier bilan.

Après l’affluence record de 2017, le bilan touristique de la saison estivale 2018 en Gironde est un peu maussade. La coupe du monde a provoqué un démarrage tardif de la saison et les grosses chaleurs ont poussé les vacanciers vers le littoral. Résultat : à l’image de la tendance nationale, la fréquentation est à la baisse cette année dans le département, avec un recul important de la clientèle française.

Sur Bordeaux, alors que la proportion de touristes français se situe généralement autour de 70 % en haute saison, elle a diminué à 60 % cette année. « C’est sur le Bassin d’Arcachon, où la clientèle française représente 87 % des séjours, que la comparaison avec l’an passé est la plus défavorable », pointe Gironde Tourisme.

Les Français auraient joué la carte soleil

« On a eu 15 % de pertes de chiffres d’affaires sur juillet et août », confirme Laurent Tournier, gérant d’un restaurant haut de gamme au Cap-Ferret et membre de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH). Selon lui, « l’inflation incroyable » des prix des villas à louer cette année explique en partie la baisse de fréquentation. La haute saison a été beaucoup plus positive pour les gérants de snacks et pizzerias.

Pour Gironde Tourisme, la baisse du pouvoir d’achat des Français est aussi en cause : « Le panier moyen des Français est en baisse, pour 62 % des professionnels ». « On a perdu des Français parce que les compagnies low-cost sont puissantes, estime Maïté Lavignac, directrice adjointe de l’Office du Tourisme de Bordeaux. Ils ont été nombreux à se rendre en Tunisie et en Turquie ». Des destinations qui auraient même concurrencé l’Espagne.

« La météo des années précédentes explique la désaffection de la clientèle française, on paye le contrecoup, analyse de son côté Laurent Tournier. Les touristes ont joué la carte soleil avec des destinations situées sur le bassin méditerranéen ». Et les températures caniculaires incitent à manger léger le midi, ce qui ne sert pas les intérêts des restaurateurs.

Une belle arrière-saison en perspective

« Septembre et octobre s’annoncent des mois prometteurs, assure Maïté Lavignac. Nous attendons d’importants congrès médicaux, une dizaine de paquebots de croisière et les anticipations sont très bonnes pour l’hôtellerie ». « On devrait avoir un bel automne, renchérit Laurent Tournier, j’ai déjà des réservations jusqu’au 15 septembre ».

Une arrière-saison qui pourrait permettre de rattraper un peu une saison estivale en demi-teinte.

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