Bordeaux: Entreprises, logements, ferme urbaine... Près du stade, le projet de la Jallère émerge

URBANISME Implanté sur un secteur de 95 ha comportant des zones humides, le projet urbain de la Jallère dans le quartier de Bordeaux-Lac ambitionne de devenir un pôle économique majeur de la métropole...

Mickaël Bosredon

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La zone de la Jallère, autour de la Carsat Aquitaine, à Bordeaux Lac.
La zone de la Jallère, autour de la Carsat Aquitaine, à Bordeaux Lac. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le projet comporte également la construction de 2.000 logements.
  • Un pôle d'agriculture urbaine qui fournirait en produits frais le centre commercial Auchan Lac est envisagé.
  • De nouvelles liaisons, routières et de transport en commun, sont à l'étude.

Au nord de Bordeaux, alors que Ginko et Bassins à Flot avancent à vitesse grand V, un nouveau projet urbain est en train de se dessiner :  celui de la Jallère, à Bordeaux-Lac.

Dans un périmètre situé entre le lac et la Garonne, à proximité du Parc des expositions et du stade Matmut Atlantique, et où sont déjà installées un certain nombre de grandes entreprises (GAN, CAF, Carsat et Caisse des dépôts, même si cette dernière va déménager prochainement à Euratlantique), quelque 95 ha sont aménageables, dont 45 ha sous maîtrise de Bordeaux Métropole.

La Caisse des Dépôts doit déménager d'ici à 2021 sur le secteur Euratlantique, et libérer ainsi du foncier dans le secteur de la Jallère.
La Caisse des Dépôts doit déménager d'ici à 2021 sur le secteur Euratlantique, et libérer ainsi du foncier dans le secteur de la Jallère. - M.Bosredon/20Minutes

« Des maisons individuelles aux formes innovantes »

« Il s’agit déjà d’un pôle économique important, puisqu’il regroupe 3.800 emplois, rappelle Pierre De Gaétan Njikam, maire-adjoint du quartier Bordeaux maritime, mais nous voulons aller plus loin et en faire une zone économique majeure. » Et l’élu d’assurer que, malgré l’avènement de nouveaux pôles d'entreprises comme Bassins à Flot et Euratlantique, « ce secteur est regardé par beaucoup d’investisseurs et d’acteurs économiques ». Potentiellement, le site pourrait accueillir quelque 2.500 nouveaux emplois.

Le projet, confié à l'architecte-urbaniste Nicolas Michelin, qui a déjà signé l'aménagement des Bassins à Flot et qui est en train de mettre sa patte sur Bordeaux, comporte également de l’habitat. « L’idée est d’y construire à hauteur de 20 logements par hectare, contre 90 aux Bassins à Flot, ce qui permettra d’accueillir environ 2.000 logements. Il ne faut pas que ce soit très dense, mais avec des maisons individuelles aux formes innovantes. »

Prolonger et connecter les trams B et C

La ville et la métropole travaillent également avec l'Inra pour développer un pôle d’agriculture urbaine. « Sachant qu’à côté se situe un important pôle alimentaire avec Auchan, il y a de la cohérence dans ce projet », estime l’élu. Une offre de commerces, complémentaire de ce qui existe déjà à proximité, et de services sera aussi proposée. « C’est pourquoi nous projetons déjà un groupe scolaire, car ce n’est pas lorsque les logements seront livrés qu’il faudra s’en soucier ! »

De nouvelles liaisons pour ouvrir le quartier sont aussi envisagées. Y compris des liaisons de transport en commun. Il est ainsi envisagé de prolonger les trams B et C et profiter de ce projet urbain pour les faire se connecter. « Lors de la concertation, la question de la mobilité est fortement remontée », admet le maire-adjoint de quartier.

De nouveaux accès seront créés dans le cadre du projet urbain de la Jallère.
De nouveaux accès seront créés dans le cadre du projet urbain de la Jallère. - M.Bosredon/20Minutes

« Aucun m2 de zone humide ne sera touché »

Problème : ce site est très regardé par les Verts, car il revêt une dimension écologique majeure. « C’est un secteur particulier avec des zones humides [qui servent notamment à la prévention des inondations], abonde Pierre De Gaétan Njikam, mais elles seront préservées. Nous avons réalisé une première concertation publique jeudi dernier, et Alain Juppé a annoncé qu’aucun mètre carré de zone humide ne sera touché. En revanche, si on n’aménage pas, tout le secteur va se dégrader, avec un danger qu’il ne devienne une friche. »

L’idée du projet serait ainsi de relier les grands espaces naturels et préserver les zones humides, par une grande trame verte. Quelque 33 ha d’espaces verts (dont 13 ha de zones humides, ainsi que des corridors et des promenades piétonnes) seraient ainsi déclarés non constructibles et préservés. L’aspect énergétique serait aussi pris en compte, avec le développement d’un réseau de chaleur basse température composé à 80 % d’énergie renouvelable, et de l’électricité photovoltaïque pour 50 % des consommations d’électricité.

« Toujours pas de débat en conseil alors que le projet avance »

Les Verts estiment que c’est leur mobilisation sur ce dossier qui a permis cette sanctuarisation. S’ils s’en félicitent, ils s’interrogent toujours sur le bien-fondé d’un projet urbain à cet endroit, d’autant plus que « les fonctionnalités écosystémiques de ces zones humides aujourd’hui préservées seraient plus efficientes si le site n’était pas urbanisé. »

« Ce qui est incroyable, s’agace Pierre Hurmic, président du groupe Les Verts au conseil, c’est que nous n’avons toujours pas eu de débat en conseil, alors que c’est un projet majeur, et qui avance : preuve en est que l’on nous a demandé de voter en faveur d’un groupe scolaire sur ce périmètre le 9 juillet dernier ! Il nous faut un débat sur l’opportunité même de ce projet, car c’est une réserve écologique pour la métropole, et j’estime que l’urbanisation à tous crins de nos réserves foncières remonte à une époque que je croyais révolue. »

Concernant le calendrier, « nous attendons désormais le résultat de l’étude environnementale réalisée par l’Etat », détaille Pierre De Gaétan Njikam, qui annonce que le débat en conseil devrait avoir lieu en septembre « avec la présentation des premiers résultats de l’étude urbaine de l’agence Nicolas Michelin. » Les premières livraisons de logement sont attendues pour 2022.

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