Bordeaux: Juppé décide de laisser le pont de Pierre fermé aux voitures

CIRCULATION Un comité de pilotage concernant l'avenir du pont de Pierre s'est tenu ce jeudi matin à la métropole de Bordeaux. Son président Alain Juppé a tranché et a décidé de laisser l'ouvrage fermé aux véhicules motorisés...

Mickaël Bosredon

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Le pont de Pierre à Bordeaux, le 5 juillet 2018.
Le pont de Pierre à Bordeaux, le 5 juillet 2018. — E.Provenzano/20Minutes
  • La fermeture du pont de Pierre aux voitures est dorénavant définitive.
  • Des mesures d'accompagnement seront mises en place.
  • Une réflexion sur le développement des transports en commun est lancée, comme un téléphérique entre les deux rives.

C’était une décision très attendue, surtout depuis l’annonce, il y a quelques jours, du retard dans la livraison du futur pont Simone-Veil. A l’issue d’un comité de pilotage qui s’est tenu ce jeudi matin, le président de la métropole de Bordeaux Alain Juppé a décidé de « pérenniser la réservation du pont de Pierre aux transports en commun, piétons et vélos. »

Après un an d’expérimentation, le président de la métropole a donc tranché. Pourquoi ? « Il n’y a pas eu depuis la fermeture du pont de Pierre de dégradation de la circulation dans Bordeaux. Si la situation s’aggrave c’est à cause du sous-dimensionnement de la rocade, et des travaux. Le retard du chantier du pont Simone Veil ne justifiait pas une remise en cause de la réservation du pont de Pierre aux modes doux. Nous travaillons à ce sujet pour que les délais du retard annoncé soient réduits et nous avons de bonnes raisons de penser que ce sera possible. » Enfin, le pont de Pierre ne représentait que 3 % de la circulation automobile sur les ponts, et aux heures de pointe il « constituait l’un des principaux bouchons de la métropole. » A l’inverse, depuis sa fermeture, il y a plus de personnes qui franchissent le pont qu’auparavant, et « on a atteint jusqu’à 18.000 passages à vélo par jour. »

Il s’agit d’une décision définitive. « Nous avons eu un large débat, a insisté Alain Juppé, et tous les élus concernés, les maires de la rive droite, les maires de quartier de la rive gauche, se sont exprimés, même si certains ont marqué leur désaccord », comme les maires de Floirac, Carbon-Blanc et Ambès.

Un bonus covoiturage mis en place en septembre

Mais cette décision doit être « accompagnée de mesures pour faciliter les choses », a ajouté le président de la métropole. Dès septembre, un bonus covoiturage sera mis en place pour récompenser les personnes qui covoiturent. Cela se fera à partir d’une application mobile.

Dans la foulée, une régulation de la circulation à la rocade sera aussi mise en place, grâce à des feux sur les bretelles d’accès. « Cela existe dans d’autres agglomérations et cela a donné de bons résultats. »

« Un véritable plan vélo pour la rive droite »

Le réseau TBM sera renforcé pour améliorer la desserte de la rive droite. Alain Juppé souhaite par ailleurs que les entreprises mettent en place des plans de déplacement, à l’instar de Thalès et de la Caisse d’Epargne. Il s’agit de développer le télétravail, aménager les horaires des salariés, et encourager l’utilisation des transports en commun.

Enfin, « j’ai demandé à Brigitte Terrazza de travailler le plus vite possible à un véritable plan vélo sur la rive droite, au potentiel considérable qui n’est pas utilisé en raison de la mauvaise qualité des pistes cyclables. »

« Fortes demandes pour la création d’un téléphérique »

En 2019, des travaux seront réalisés sur la ligne Bassens-Campus. Il s’agit d’une enveloppe de 20 millions d’euros pour aménager des giratoires et des passages pour les bus. La réflexion sur un car express entre Bordeaux et Libourne est par ailleurs lancée, qui pourrait être suivie par d’autres liaisons, vers Marmande par exemple. « Il faut également réactiver le transport ferroviaire, à commencer par la gare de la Médoquine à Talence. »

Concernant la réflexion sur le développement des transports en commun sur la métropole à plus long terme, « nous allons réfléchir aux différents moyens qui existent, que ce soit par au-dessus ou par en-dessous », a affirmé Alain Juppé, y compris le métro.

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« Mais les demandes les plus fortes que j’ai actuellement, émanant des élus de la rive droite, concernent la création d’un téléphérique entre les deux rives. J’ai des demandes de téléphérique de partout ! Nous allons étudier cela. »