Gironde: Depuis 50 ans, une usine locale fabrique le célèbre antiseptique Bétadine

ECONOMIE Le fameux désinfectant utilisé par les familles et les hôpitaux est fabriqué sur le site de Mylan à Mérignac en Gironde, depuis maintenant un demi-siècle...

Elsa Provenzano

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La bétadine représente les trois quarts de l'activité de Mylan à Mérignac.
La bétadine représente les trois quarts de l'activité de Mylan à Mérignac. — P.Hedeline
  • Le site de la sociaté pharmaceutique Mylan, fabriquant de la Bétadine, fête ses cinquante ans d'existence à Mérignac en Gironde.
  • Employant 230 personnes, il fabrique 45 millions d'unités de produits par an dont 38 millions d'unités de Bétadine. 
  • Le groupe met en avant son développement en Europe, alors que la France est son premier marché. 

La Bétadine, cet antiseptique orangé bien connu de tous, est fabriquée sur le site de l'entreprise Mylan à Mérignac en Gironde, depuis maintenant un demi-siècle. Depuis 1993, le site girondin est même devenu le centre européen de la production de la Bétadine, alors qu’avant des sites de fabrication existaient en Belgique et au Portugal, par exemple.

Le site règne donc sans partage sur ce désinfectant, aussi bien utilisé dans les pharmacies familiales que dans le milieu hospitalier, et le décline sous différentes formes. En 2017, environ 38 millions d’unités de bétadine ont été produites sous différents formats (flacons, tubes, tulles, unidoses etc.) sur une production totale annuelle de 45 millions d’unités (Elidel, Sargenor, Transpulmin etc.)

Six millions de litres de Bétadine produits par an

Dans l’atelier Bétadine de l’usine, le personnel affecté à la production travaille par groupe de deux ou trois à la surveillance ou à l’empaquetage des produits du groupe. Quelque six millions de litres de la solution orangé sortent chaque année de l’atelier Betadine de l’usine, soit jusqu’à 20 000 litres toutes les huit heures. Dans l’air très contrôlé de l’usine flotte l’odeur caractéristique de l’antibactérien dont les flacons blancs, pas encore conditionnés, traversent les couloirs, sur une chaîne positionnée en hauteur.

Dans une autre salle du site, la mise en flacon se fait au rythme effréné de 200 par minute. « Chaque flacon est positionné sur une petite balance et il y a un arrêt automatique pour que soit proposée la dose exacte attendue par le patient », précise Fabien Darrasse, le directeur de l’usine mérignacaise.

Des compresses imbibées de bétadine, proposées dans un emballage plastique, sortent aussi du site et sont destinées aux chirurgiens, qui les manieront avec des pinces au bloc opératoire. « Ce sont des ingénieurs locaux qui ont développé cette machine », pointe le directeur. Après avoir été imbibé de la solution orangée, l’appareil enveloppe le tulle des deux côtés par des supports adhésifs.

Si le site a construit son succès sur la Bétadine, le directeur assure ne pas se reposer sur ces lauriers. « On est toujours dans une recherche d’optimisation de la Bétadine pour rester un centre d’excellence », assure-t-il.

La France, premier marché européen

Depuis 2016, le site qui appartenait à Méda Pharma a été racheté par le groupe pharmaceutique Mylan. Celui-ci emploie aujourd’hui 230 personnes sur le site girondin qui s’étend sur 16.500 m2. Au total Mylan emploie 1.500 collaborateurs en France et commercialise 600 produits. « Elle se positionne comme la deuxième société pharmaceutique en France, du point de vue des volumes et en troisième position concernant le chiffre d’affaires », précise Artur Curiok, le président Mylan France.

Le groupe met en avant sa vision stratégique de développement en Europe, à rebours de ce que certains de leurs concurrents pratiquent, délocalisant en dehors de l’Union européenne. La France est son plus gros client en Europe et son deuxième plus important dans le monde, après les Etats-Unis.

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