Bassin d’Arcachon: Face à l’interdiction de vente de ses huîtres, la profession s’organise

CONSOMMATION Avant que la micro-algue appelée dinophysis ne fasse son apparition, le plus souvent au printemps lorsque les eaux se réchauffent, certains ostréiculteurs mettent en place des bassins en circuit fermé pour stocker leurs huîtres à l’abri des toxines produites par cette micro-algue…

Elsa Provenzano

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Pyla-sur-Mer, 30 aout 2012. - Ostreiculture sur le banc d'Arguin face a la dune du Pyla. Ostreiculteurs. Huitres. - Photo : Sebastien Ortola
Pyla-sur-Mer, 30 aout 2012. - Ostreiculture sur le banc d'Arguin face a la dune du Pyla. Ostreiculteurs. Huitres. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Les ostréiculteurs du Bassin d’Arcachon, sous le coup d’une interdiction de commercialisation de leurs huîtres depuis 15 jours, recourent pour certains à des stockages en bassins fermés.
  • Pour l’instant, les professionnels parlent d’un manque à gagner mais pas de réelles pertes sèches.
  • La filière considère que les seuils de tolérance de la toxine, présente avec le réchauffement des eaux au printemps, sont trop bas.

Depuis un peu plus de 15 jours, la récolte et la commercialisation des huîtres du bassin d’Arcachon est interdite. En cause « un taux toujours anormalement élevé de toxines lipophiles dans les moules et les huîtres du bassin d’Arcachon » relevé par l’Ifremer, le réseau en charge de la surveillance de ces coquillages.

De nouveaux prélèvements seront réalisés ce lundi et on connaîtra les résultats jeudi. La profession espère que l’interdiction sera levée d’ici la fin de la semaine, alors que la saison touristique approche. Cela faisait trois ans qu’il n’y avait pas eu de telles interdictions pour la filière ostréicole, même si l’apparition de la micro-algue dinophysis, provoqué par le réchauffement des eaux, n’est pas exceptionnelle.

Des bassins en circuits fermés

« Par rapport à il y a quelques années, les entreprises ont la possibilité de stocker leurs huîtres dans des bassins à circuit fermé, avant l’apparition de la dinophysis, certains l’ont fait il y a plus de trois semaines », relativise Thierry Lafon, président du comité régional de la conchyliculture Arcachon-Aquitaine. Cela représente un investissement supplémentaire pour les professionnels qui font ce choix stratégique : il leur faut s’équiper en matériel de filtration, et les bassins peuvent aussi être couverts et climatisés. Et bien sûr, il faut qu’ils soient en fonctionnement « avant la présence de dynophysis déclarée auprès de la direction départementale de la protection des populations », précise Thierry Lafon.

Consciente que la surveillance de la qualité sanitaire des coquillages est un gage de bonne image auprès du consommateur, la filière « râle » aussi contre l’application à la lettre du principe de précaution. En cas de consommation de coquillages contaminés, il existe un risque de symptômes gastro-intestinaux. « Les seuils sont très très bas, estime le président du comité régional conchylicole. Et moi, à titre personnel je ne me prive pas de consommer mes huîtres qui sont très bonnes à cette époque ».

Certains professionnels achètent des huîtres de secteurs non concernés par l’interdiction pour les revendre. Pour l’heure, la mesure génère « un manque à gagner mais pas de pertes sèches ni de pertes de stocks », souligne le président du comité régional. La levée de l’interdiction et la météo décideront ensuite du sort des quelque 300 exploitations ostréicoles du Bassin d’Arcachon.

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