Nouvelle-Aquitaine: Le PDG d'une chaîne d'hôtels demande à la SNCF un remboursement de son manque à gagner à cause de la grève

ECONOMIE Le PDG de la chaîne d'hôtels Altica, présente dans le sud-ouest, a chiffré les pertes pour son entreprise en raison de la grève à près de 53.000 euros rien que pour le mois d'avril, et demande à la SNCF de rembourser...

Mickaël Bosredon

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L'hôtel de la chaîne Altica du port d'Arcachon
L'hôtel de la chaîne Altica du port d'Arcachon — Altica Groupe
  • Pierre Courtois de Viçose a écrit une lettre à Guillaume Pepy dans laquelle il demande le remboursement du manque à gagner.
  • Il estime que la grève est responsable d'une perte de chiffre d'affaire de l'ordre de 25 %.
  • Ce patron va être obligé de décaler l'embauche de ses saisonniers.

Il raconte qu’au départ, cette lettre a été écrite « sur un ton humoristique. » Mais Pierre Courtois de Viçose, PDG du groupe hôtelier Altica, n’en estime pas moins que « cette grève a assez duré » et qu' « il va bien falloir en sortir ! »

Le patron de cette chaîne d’une dizaine d’hôtels deux étoiles présente en Nouvelle-Aquitaine, réclame dans sa missive à Guillaume Pepy, PDG de la SNCF, le remboursement de 52.816,61 euros, correspondant selon lui à la perte de chiffre d’affaires de son entreprise en avril dernier, comparativement à avril 2017. Perte qu’il impute directement à la grève des cheminots.

Sept hôtels « sévèrement touchés »

« Nous avons perdu un tiers de notre chiffre d’affaires à période égale, écrit donc Pierre Courtois de Viçose à Guillaume Pepy. Nous avons donc pensé, vu le choc économique, à vous adresser la facture. Une grande entreprise comme la vôtre doit assurer un service public de qualité (…) Vos collaborateurs ont engagé la responsabilité de la SNCF dans ce suicide économique qui va coûter très cher à votre entreprise, à l’économie française et aux chefs d’entreprise des PME-PMI dont nous faisons partie (…) On s’est dit qu’un petit geste de votre part serait le bienvenu, donnant une image plus positive de votre communication. »

Taquin, il lance que « nous avons également envisagé de faire grève/ne pas venir travailler/ne pas payer nos fournisseurs mais… rapidement la réalité nous a rattrapés et… on a abandonné l’idée ! »

Selon ce PDG, « sept de nos hôtels (Mérignac, Floirac, Villenave d’Ornon, Port d’Arcachon, La Teste Sud, Anglet et La Rochelle) ont été très sévèrement touchés par cette grève, étant stratégiquement situés sur l’axe et la ligne SNCF que vous connaissez parfaitement : Paris-Bordeaux-Hendaye. »

Des patrons qui en ont « ras-le-bol »

Contacté par 20 Minutes, Pierre Courtois de Viçose « espère » qu’il sera entendu. Il se veut aussi via cette lettre un peu le porte-voix des patrons de PME-PMI dans ce secteur d’activité, « qui en ont tous ras-le-bol. » Certes, la mauvaise météo de ces derniers mois n’a pas aidé non plus. « Mais 25 % de perte de chiffre d’affaires, c’est exceptionnel et ce n’est pas dû à la météo, mais directement lié à la grève des cheminots. »

Selon ce chef d’entreprise, les conséquences seront « dramatiques. » « Cela va faire mal car cette grève a détérioré notre image de marque par rapport à la clientèle étrangère ; il faudra deux ou trois ans pour s’en remettre. »

Autre conséquence : « nous sommes obligés de décaler le recrutement de nos saisonniers pour cet été. » Pour le moment en revanche, « il n’y aura pas d’impact sur nos 80 salariés en CDI. »