Parcoursup à Bordeaux: Sept profs de sociologie démissionnent de certaines de leurs fonctions

EDUCATION Sept enseignants de sociologie de l'université de Bordeaux ont démissionné de leurs fonctions administratives et électives, pour protester contre la réforme Parcoursup qui se fait, selon eux, aux dépens des étudiants...

Elsa Provenzano

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A Bordeaux,illustration de la fac de sciences humaines à la Victoire.
A Bordeaux,illustration de la fac de sciences humaines à la Victoire. — E.Provenzano / 20 Minutes

A Bordeaux, les professeurs de sociologie continuent à protester contre  la loi ORE. Sept enseignants de cette discipline, opposés à un classement des étudiants via Parcoursup,  viennent de démissionner de leurs fonctions administratives et électives au sein de l’université.

« Les capacités d’accueil n’ont jamais été négociées, on peut accueillir plus de 280 élèves et on était prêts à faire des heures supplémentaires, on croit à notre métier, lance, amère, Alina Surubaru, maîtresse de conférences en sociologie à l’université de Bordeaux. Mais on ne nous a pas pris au sérieux, on passe notre temps à écrire des études sur la réussite scolaire des élèves et on sait qu’elle relève de plein d’autres critères que les notes. »

La commission d’examen des vœux, qui proposait de donner accès aux études de sociologie en fonction de l’obtention du bac et de la motivation du lycéen, n’avait pas été validée par la direction. Elle en a constitué une autre, à l’insu des enseignants, expliquent-ils. « Les gens qui y siègent ne font pas de sociologie mais savent mieux que nous ce qu’est un étudiant en sociologie », ironise cette enseignante. L’examen des vœux des candidats sur la plateforme s’est terminé vendredi à Bordeaux et les attributions ont débuté mardi soir.

Le tirage au sort ne concernait que 0,9 % des candidats l’an dernier

La direction de l'université fait valoir que plusieurs filières (sociologie, psychologie et Staps) sont « en tension » depuis plusieurs années et que l’an dernier il y a eu des recours au tirage au sort. « Mais l’an dernier, seuls 0,9 % des candidats sur toute la France ont été concernés par le tirage au sort », réagit Alina Surubaru. Elle pointe qu’avec Parcoursup, toutes les filières se retrouvent bien à un moment en tension, puisque les lycéens formulent dix vœux chacun.

Dans un communiqué du 16 mai les enseignants-chercheurs estimaient que Parcoursup revenait à remplacer « le tirage au sort, certes indéfendable mais marginal, par une loterie généralisée. »

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