Municipales à Bordeaux: Feltesse parle d'un «effritement relatif» de la popularité de Juppé

POLITIQUE Vincent Feltesse, ancien président de la métropole bordelaise et ex-conseiller de François Hollande, publie avec son association « Bordeaux Métropole des quartiers », un premier ouvrage de propositions pour la ville, à deux ans des élections municipales…

Elsa Provenzano

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Vincent Feltesse a écrit avec le collectif Bordeaux Métropole des Quartiers un premier ouvrage, présenté ce mercredi au club de la presse de Bordeaux.
Vincent Feltesse a écrit avec le collectif Bordeaux Métropole des Quartiers un premier ouvrage, présenté ce mercredi au club de la presse de Bordeaux. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Vincent Feltesse, ancien président socialiste de la Métropole, vient de publier avec son collectif l’ouvrage Bordeaux, la métropole des quartiers, aux éditions Mobilibook.
  • Des propositions sont listées dans chacun des huit quartiers de la ville pour peser sur le débat public.
  • Une plateforme de concertation va être lancée en ligne le 30 mai prochain, autour de l’analyse de la ville proposé par le collectif du candidat.

De retour depuis un an environ à Bordeaux après son expérience Elyséenne auprès de François Hollande, Vincent Feltesse prépare sa candidature aux municipales de 2020 avec son association « Bordeaux Métropole des Quartiers » sur le terrain des idées. Aux côtés de onze autres rédacteurs il publie Bordeaux, La métropole des quartiers, un ouvrage dans lequel il détaille une proposition thématique dans chacun des huit quartiers de la ville en s’appuyant sur des témoignages d’habitants.

Interpellé sur le dernier sondage de l’association Esprit Bordeaux, animée par des partisans d’Alain Juppé, qui donne le maire de Bordeaux vainqueur au premier tour des municipales avec 51 % des voix, il rétorque : « il faut toujours se méfier des sondages réalisés deux ans avant une élection ».

Cela va moins bien qu’avant pour Juppé

L’enquête prend en compte différentes hypothèses, le PS emmené par Matthieu Rouveyre recueillerait 11 % et une liste divers gauche conduite par Vincent Feltesse 9 %. La députée LREM Catherine Fabre et l’écologiste Pierre Hurmic, remporteraient également 9 % des suffrages. La France Insoumise se positionnerait un peu au dessus, récoltant 10 % des intentions de vote. « Pour Alain Juppé, qui a remporté les élections de 2014 avec plus de 60 % des voix cela va moins bien qu’avant, commente Vincent Feltesse. Il y a une espèce d’effritement relatif. »

S’il n’a pas encore de « programme opérationnel », à deux ans de l’échéance, celui qui travaille à présent pour la Cour des Comptes estime « qu’il faut proposer vite des idées, quitte à se les faire piller. » S’il a encore sa carte du Parti socialiste il ne souhaite plus y exercer de responsabilités au niveau national et se présente comme « un militant de base ». Se refusant à parler d’étiquettes à ce stade, il veut faire primer le débat d’idées et ne veut pas entendre parler de tactique politique ou d’alliances avant l’été 2019.

Une association citoyenne « plutôt à gauche »

Bordeaux Métropole des Quartiers réunit 250 adhérents dont les deux tiers se définissent plutôt à gauche. Elle a été créée il y a trois ans autour de valeurs humanistes, sociales, progressistes et écologistes. Un cycle de trois publications commence avec ce premier ouvrage sur les quartiers bordelais et le lancement d’une plateforme de concertation est annoncé pour le 30 mai prochain.

« A deux ans des municipales, il faut rentrer dans le débat public », estime Vincent Feltesse. S’il reconnaît un embellissement de la ville et la progression vers une dimension européenne à laquelle il a contribué lorsqu’il était président de l’agglomération, il estime que la métropole est aujourd’hui à un tournant. « Est-ce qu’on veut devenir toujours plus gros avec ce sentiment de perdre un peu la promesse bordelaise relative à la qualité de vie ? », s’interroge-t-il.

S’appuyant sur le sondage IFOP commandé par la ville de Bordeaux sur le climat municipal, il estime que « les gens sont globalement satisfaits mais moins satisfaits qu’à une époque, il y a un phénomène de surchauffe sur les prix de l’immobilier, la mobilité et les équipements publics ». Dans le cadre de l’enquête IFOP, 68 % des personnes interrogées (contre 96 % en juin 2009) choisissent de répondre que depuis la dernière élection municipale, ils ont le sentiment que Bordeaux a changé, en cochant « plutôt en bien ». « On a un besoin de régulation plus fort sur l’immobilier et la mobilité », souligne l’ancien président de la métropole.

Alain Juppé vient d’annoncer des mesures pour agir sur le foncier mais le socialiste estime que beaucoup de temps a été perdu sur l’établissement public foncier. « Je plaide en sa faveur depuis 2011 mais je n’avais pas alors la majorité politique. Puisqu’on y va tard, il faut y aller de façon massive. » Sur le sujet de la mobilité, il souhaite une remise à niveau du réseau de tramways, évoquant une usure particulière sur la ligne B et estime qu’il faut travailler sur les horaires d’affluence dans les transports, en décalant par exemple les horaires de début des cours dans les universités.

En gardant le même degré d’ambition pour la métropole, il veut revenir à davantage de proximité et estime que la question centrale est de savoir comment faire une ville confortable pour tout le monde.

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