Exemple de constructions d'immeubles, ici aux Bassins à Flot à Bordeaux
Exemple de constructions d'immeubles, ici aux Bassins à Flot à Bordeaux —

IMMOBILIER

Bordeaux: Juppé veut faire baisser le prix du foncier, en forte augmentation depuis deux ans

Alain Juppé, président de la métropole bordelaise, a annoncé une série de mesures pour tirer les prix du foncier vers le bas et augmenter le volume d’offres concernant des logements à prix modérés…

  • La Métropole de Bordeaux demande aux promoteurs de revenir aux prix pratiqués il y a deux ans en matière de foncier, soit 600 euros le m2 contre 1.000 m2 aujourd’hui pour rendre l’agglomération accessible à toutes les populations.
  • Ils doivent aussi produire des logements à prix modéré, à 3.000 euros le m2.
  • Ces nouvelles règles de négociation doivent aussi permettre à terme de faire baisser le prix moyen dans le secteur libre.

Les prix de l’immobilier ont fortement augmenté sur la métropole bordelaise, en particulier depuis deux ans. Les appartements de certains programmes neufs sont vendus jusqu'à 6.000 ou 7.000 euros le m2. Si le phénomène est analysé comme une rançon de la forte attractivité de la métropole, Alain Juppé, président de la métropole, entend le réguler car « nous ne pouvons pas rester indifférents à une surenchère qui risque de casser la mécanique [de cette attractivité]. » L’objectif est de permettre un meilleur accès au marché bordelais pour toutes les populations et en particulier les jeunes ménages.

Pour y parvenir la Métropole, épaulé par l'établissement public foncier Nouvelle Aquitaine veut changer les règles en matière de construction. Elle a travaillé pour que les prix des futurs terrains vendus sur la métropole soient évalués non plus en fonction de leur valeur projet (l’utilisation maximum des droits à construire) mais en fonction de la valeur vénale ou valeur d’usage (appréciée en fonction des transactions pour des biens de même nature dans un secteur comparable), pour éviter une surenchère sur les prix.

Au lieu de 1.000 euros le m2, les promoteurs promettent des propositions foncières inférieures de 40 %, soit 600 euros le m2. Il s’agirait d’un retour aux prix pratiqués il y a seulement deux ans. Les opérations les plus importantes, définies comme supérieures à 1.000 m2 de surface de plancher, feront l’objet de fiches permettant aux communes d’exprimer leurs attentes.

« Si on considère que la valeur vénale n’est pas appliquée, il y aura des interventions pour une régulation des prix, promet Jacques Mangon, vice-président de Bordeaux Métropole. Et dans ce cas-là, il y aura des déconvenues financières ».

1.000 logements par an à 3.000 euros le m2

Autre ambition : construire des logements à prix maîtrisés c’est-à-dire ne dépassant pas 3.000 euros le m2 (en mettant à part le programme des 50.000 logements près des transports en commun, prévus à des prix inférieurs). « Nous avons comme objectif ambitieux d’atteindre la production de 1.000 logements en accession modérée, à ce prix de 3.000 euros par m2 par an », précise Alain Ferrasse, président de la fédération des promoteurs immobiliers Aquitaine Poitou-Charentes. Il estime que baisser la production de logements sociaux permettrait d’augmenter celle des logements modérés. « On a progressé de 15 à 18 % sur les logements locatifs sociaux, a réagi Alain Juppé. Mais nous avons encore des efforts à faire pour atteindre 25 % en 2025, c’est la loi ».

L’établissement public foncier aura un droit de préemption pour le compte de la Métropole afin de reconstituer des réserves foncières et préparer « un développement équilibré », souligne l’instance métropolitaine.

Plusieurs centaines d’hectares de programmes neufs vont être concernées par ces nouvelles règles du jeu. « Il faut aussi arriver à peser sur le foncier du centre, sur le Cour de l’Yser que nous sommes en train de réhabiliter par exemple ou Saint-Michel », a souligné Alain Juppé. Le prix moyen visé pour les logements libres est de 3.850 euros le m2, contre 4.350 euros le m2 aujourd’hui.

Autant de mesures qui doivent permettre d’agir en amont pour faire baisser les prix des logements, dont les premiers construits selon ces nouvelles règles de négociation seront livrés d’ici 3 ans.

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