Bordeaux: Une action en justice associant 200 personnes vise les compteurs Linky

JUSTICE Comme dans 19 autres tribunaux de grande instance, un référé va être déposé à Bordeaux par environ 200 citoyens de la région qui s’opposent au compteur Linky qu'ils estiment installé «à marche forcée»…

Elsa Provenzano

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Illustration d'un compteur Linky.
Illustration d'un compteur Linky. — G. Durand / 20 Minutes
  • Des actions collectives en justice contre l’installation des compteurs Linky ont lieu partout en France, y compris à Bordeaux.
  • Les détracteurs pointent des installations forcées entravant la liberté de choix des consommateurs et des risques pour la santé, notamment des personnes électrosensibles.
  • Ils demandent un sursis à la pose voire le retrait des compteurs.

Près de 200 consommateurs opposés aux compteurs Linky s’apprêtent à déposer un référé devant le tribunal de grande instance de Bordeaux pour demander un sursis à la pose voire le retrait des appareils. Le même type de procédure est lancé simultanément auprès de 19 autres TGI en France, dénotant une offensive des détracteurs du compteur dit intelligent d’Enedis. Les particuliers désireux de rejoindre cette action collective peuvent s’inscrire sur la plateforme Mysmartcab, jusqu’au 6 mai pour la Gironde, la Dordogne et le Lot-et-Garonne. L’audience en référé devrait se tenir courant juin.

« Le juge judiciaire est garant de la liberté individuelle et elle est remise en cause par la pose autoritaire des compteurs Linky », fait valoir Pierre Hurmic, avocat bordelais et élu municipal EELV d’opposition. Il chapeaute l’action collective bordelaise entouré de deux avocats parisiens, maîtres Arnaud Durand et Christophe Lèguevaques. L’avocate et ancienne ministre de l’environnement Corinne Lepage coordonne l'action au niveau national.

Enedis explique que le remplacement des appareils devenus obsolètes est indispensable et permet notamment un relevé à distance des compteurs et une facturation plus précise.

Un tiers des abonnés en sont déjà équipés dans le département. Plusieurs collectifs anti-Linky ont émergé, et environ 10 communes (600 à l’échelle nationale) s’y sont opposées, parmi lesquelles Talence, Pessac, Bègles et Libourne. A Bordeaux, le cinéma Utopia a refusé l’installation du nouveau compteur, ce qui lui vaut une sanction financière de 90 euros par mois pour effectuer le relevé.

Craintes pour les données personnelles et la santé

« Enedis explique qu’il est obligé de changer ces compteurs, mais en réalité il veut changer la nature du courant électrique et le transformer en réseau informatique, estime maître Arnaud Durand, qui défend des victimes de dommages liés aux ondes électromagnétiques. Il y a un gros business sur les big data (méga données) et le compteur de Linky est en ce sens un cheval de Troie ».

Il compare Linky à un ordinateur qui apporte 36 nouvelles fréquences dans les foyers, quasiment en continu, selon les relevés réalisés en juin 2017 par le centre technique et scientifique du bâtiment (CSTB). « C’est une impulsion (appelé aussi requête) d’Enedis, toutes les vingt secondes », précise-t-il. Ce serait un vrai cauchemar pour les personnes électrosensibles, dont les symptômes peuvent varier (migraines, vertiges, acouphènes, pertes de mémoire, paresthésie etc.)

« En 2009, dans son rapport d’expertise l' Agence Nationale Sécurité Sanitaire Alimentaire Nationale (ANSES) elle-même dit qu’il y a un problème et demande des études et maintenant, elle dit qu’il est peu vraisemblable qu’il y ait des effets, s’insurge maître Arnaud Durand. Mais ce rapport avait une valeur probatoire importante et demandait une étude sanitaire ».

Au nom du principe de précaution, les opposants demandent donc un sursis à la pose des appareils en cause.

Action le 5 mai

Une action nationale des opposants au compteur Linky est prévue le 5 mai. Elle se déroulera à 15 h sur la place de la Victoire à Bordeaux.