Gironde: Une étude d’impact sur le projet de village des marques de 22.000 m2 de Coutras

INFO 20MINUTES La Chambre de commerce et d’industrie de la Gironde lance une étude d’impact indépendante sur le projet de village des marques dont la livraison est envisagée à Coutras en 2021…

Elsa Provenzano

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Un projet de village des marques de 22.000 m2 est en projet à Coutras, en Gironde.
Un projet de village des marques de 22.000 m2 est en projet à Coutras, en Gironde. — Vinci Immobilier
  • Vinci Immobilier a signé avec la société autrichienne Im wind une promesse de vente en état futur d’achèvement en février dernier, pour la réalisation d’un village de marques de 22.000 m2 à Coutras en Gironde.
  • La Chambre de Commerce et d’industrie de Bordeaux annonce ce lundi qu’elle lance une étude d’impact indépendante sur ce projet, pour disposer d' « éléments factuels ».
  • La présidente de la Chambre des métiers et de l’artisanat de la Gironde a dit publiquement son opposition au projet, redoutant qu’il mette en péril les petits commerçants des centres-villes situés sur la zone de chalandise de ce mastodonte commercial.

La Chambre de commerce et d’industrie (CCI) de la Gironde a annoncé ce lundi à 20Minutes sa décision de lancer une étude d’impact sur le projet de village des marques de Coutras. Vinci Immobilier et la société autrichienne In wind  y portent un projet colossal de 22.000 m2 de surfaces commerciales, presque essentiellement consacrées à l’équipement de la personne. « C’est un projet d’envergure qui comporte la création d’une centaine de boutiques, commente Wolf Stoplner, qui dirige le groupe de travail sur l’urbanisme commercial à la CCI de la Gironde. Derrière le projet commercial, il y a aussi un projet culturel et touristique et tout ceci amène des espoirs pour les territoires mais aussi des inquiétudes ».

Vinci Immobilier et in wind ont signé une promesse de vente en état futur d’achèvement en février dernier. Selon ce groupement, les travaux pourraient débuter fin 2019 pour une livraison envisagée en 2021. Mais avant l’ouverture de ce mastodonte commerciale dont la zone de chalandise est estimée à 45 minutes autour de Coutras et comprend notamment le Libournais et le secteur de Saint Emilion, il faudra que la commission départementale d’aménagement commerciale donne son feu vert. Et la CCI, dont le rôle est de défendre les commerçants et les entreprises, entend mettre à sa disposition des éléments d’information à travers cette étude d’impact.

Des inquiétudes pour les commerces de centre-ville

« Il va s’agir de voir si le projet est viable et de mesurer son impact sur les commerces du Libournais mais aussi ceux de Bergerac ou de Périgueux par exemple, précise Wolf Stoplner. On veut pouvoir éclairer les parties prenantes avec des éléments factuels car il y a encore beaucoup d’interrogations ». La présidente de la chambre des métiers et de l’artisanat de la Gironde Nathalie Laporte s’est exprimée publiquement il y a quelques jours sur ce dossier dans un communiqué, fustigeant un projet qu’elle décrit comme « un facteur de dévitalisation des centres-villes », appelant de ses vœux une étude d’impact sérieuse.

« Par son attractivité en termes de concentration d’offre et de prix pratiqués, sans oublier le risque d’ouverture le dimanche, il siphonne le pouvoir d’achat local déjà bien entamé avec les achats sur internet, écrit-elle. Petit à petit les centres villes se vident de leurs commerces qui ne peuvent rivaliser. » Elle s'attaque aussi à l’argument des promoteurs concernant des créations d’emplois: « Mais ce sont des emplois qui disparaissent ailleurs, sans parler de la précarité de ces emplois », souligne-t-elle.

Le partenaire autrichien de Vinci immobilier exploite une dizaine de villages de marques en Europe mais il n’a pas encore d’expérience en France, même s’il a un autre projet en Île de France, ce qui ne rassure pas les institutions. Le leader de ce secteur est McArthurGlen, qui gère par exemple McArthurGlen Troyes, qui fait figure de modèle.

En France, 27 villages de marques existent aujourd’hui avec des surfaces comprises entre 15.000 et 25.000 m2. Avec 22.000 m2 celui de Coutras serait « parmi les quatre ou cinq plus importants à ce jour », précise Wolf Stoplner. Bien loin devant le quai des marques bordelais, qui totalise 10.000 m2.

La commission départementale d’aménagement commerciale devrait se prononcer sur la pertinence du projet dans quelques semaines et nul doute que l’étude d’impact devrait l’intéresser dans sa prise de décision. Le projet d’un tel village à Saint-André-de-Cubzac, longtemps en débat, avait été rejeté par cette commission.