Trois mois de répit pour les faucheurs d'OGM

Sophie d'Ambra - ©2008 20 minutes

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Ils ont finalement eu gain de cause. Hier, les douze faucheurs volontaires, dont José Bové, qui comparaissaient devant le tribunal correctionnel de Bordeaux pour avoir détruit en novembre 2006, à Lugos, plus de 2 000 tonnes de maïs transgénique, ont obtenu le renvoi de leur procès. Leurs avocats ont soutenu devant le tribunal qu'ils n'avaient pas disposé de suffisamment de temps pour assurer correctement la défense des douze prévenus. « L'instruction de cette affaire a nécessité dix-sept mois et on voudrait que la défense soit prête en trois semaines, c'est inégal », a ainsi plaidé Me Stéphane Ambry.

De son côté, le vice-procureur, Christian Lagarde, s'est opposé « fermement » à ce renvoi, estimant notamment que tous « les délais ont été respectés ». Mais le tribunal n'a pas suivi ses réquisitions. Il a renvoyé l'affaire au 10 juillet. Ce jour-là sera également jugé Marc Giblet, l'exploitant du silo dans lequel était entreposé le maïs OGM. Excédé par la destruction de sa production, il avait tiré avec son fusil de chasse sur la centaine de faucheurs. Il est poursuivi pour « violence avec usage ou menace d'une arme ».