Bordeaux: La start up Gryp réimprime en 3D les pièces détachées de voitures anciennes

INNOVATION Pour faire face au marché de la pièce détachée de voiture de collection, de plus en plus spéculatif, deux jeunes Bordelais ont créé leur start up, Gryp, qui réimprime en 3D les petites pièces introuvables...

Mickaël Bosredon

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Gauthier Laviron (à gauche) et Bastien Vanlathem, co-fondateurs de la strat up Gryp qui imprime en 3D des pièces détachées de voitures.
Gauthier Laviron (à gauche) et Bastien Vanlathem, co-fondateurs de la strat up Gryp qui imprime en 3D des pièces détachées de voitures. — GRYP
  • Ces deux jeunes Bordelais, passionnés de voitures anciennes, s’adressent notamment aux collectionneurs de « youngtimers » (voitures des années 1970 à 2000).
  • Leurs imprimantes 3D recréent essentiellement de petites pièces d’ornement en plastique.
  • La start up s’adresse autant aux particuliers qu’aux professionnels.

La pièce détachée. Souvent le cauchemar des passionnés de véhicules de collection, ou des « youngtimers » (« jeunes voitures anciennes », soit les voitures cultes des années 1970 à 2000, comme la 205 GTI). Il faut parfois remuer ciel et terre pour retrouver la petite pièce d'ornement - grille d’aération, bouton, cache… - qui manque au moment de finaliser la restauration de son véhicule fétiche.

Gauthier Laviron et Bastien Vanlathem, deux Bordelais de 25 et 26 ans passionnés de vieilles bagnoles, viennent d’investir ce marché avec une innovation majeure : l’impression 3D de ces petites pièces. « Le véhicule de collection est un marché en plein essor en France, où il y a beaucoup de spéculations » explique Gauthier Laviron. « Plutôt que de faire importer des pays de l’Est la pièce que le collectionneur recherche, et qui n’est souvent plus produite par le constructeur, nous avons décidé de la reproduire… »

Gryp s’adresse surtout aux collectionneurs de « Youngtimers »

Leur start up, Gryp (pour « Get and Reused Youngtimers Parts ») s’est spécialisée dans les pièces d’ornement plastiques. La matière la plus facile à travailler aujourd’hui avec une imprimante 3D. « Effectivement, la pièce métallique coûte plus cher à imprimer, confirme Gauthier Laviron, mais de toute façon ce que recherchent le plus les collectionneurs ce sont ces petites pièces d’ornement plastique, c’est souvent la petite dernière pièce qui manque, et la plus difficile à trouver. » De fait, Gryp s’adresse surtout aux collectionneurs de « Youngtimers », dont l’habitacle est très souvent réalisé en plastique.

Pour recréer la pièce, les deux passionnés vont la redessiner entièrement à la main. « Une personne vient nous voir avec sa pièce cassée, nous la redessinons, et nous l’imprimons. Le dessin, c’est ce qui coûte le plus cher, mais nous ne le facturons pas. En revanche nous le conservons dans notre base de données. Notre projet est ainsi de se constituer un catalogue de plus en plus fourni, et de pouvoir produire des pièces à la demande de plus en plus rapidement. »

Sur la question de la qualité, Gauthier Laviron assure qu'elle est « supérieure à la pièce originale, car nous utilisons de nouveaux matériaux plus résistants. »

Une imprimante en fibre pour des pièces plus techniques

Pour l’impression d’une petite pièce, compter entre 40 et 60 euros, en fonction des demandes spécifiques des clients. Pour certaines demandes bien particulières, la start up peut néanmoins imprimer une pièce en métal. « Souvent, elle servira de moule pour recréer la pièce d’origine. »

Pour aller encore plus loin, Gryp vient de se doter de nouvelles machines capables d’imprimer des pièces en plastique et en fibre. « Cela va nous permettre de travailler des pièces plus techniques, comme des mécanismes d’ouverture de portières. »

La start up mise sur une « démocratisation de l’imprimante 3D »

A terme, la start up mise sur une « démocratisation de l’imprimante 3 D ». « On peut supposer qu’un jour, tout un chacun pourra en avoir une chez soi. Les clients pourront alors commander leurs pièces directement sur notre catalogue et imprimer à domicile. »

Face à la demande, Gryp va bientôt déménager, et investir des locaux barrière de Toulouse. « Ce que l’on veut c’est pouvoir accueillir nos clients avec leurs voitures. » Et si le marché des particuliers est très porteur, notamment en Nouvelle-Aquitaine, « terre de collectionneurs de voitures anciennes », les deux Bordelais travaillent de plus en plus avec des professionnels, comme des carrossiers, des mécanos, ou des selliers.