Bordeaux: Une enquête pour sensibiliser les témoins du harcèlement de rue

SOCIETE Dans quelques jours, la mairie de Bordeaux va proposer sur son site une enquête sur le harcèlement de rue, réalisée par une étudiante en Master 2 de psychologie sociale à l’université de Bordeaux…

Elsa Provenzano

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Les mots Non au harcelement sont affiches dans le couloir du lycee Mandela a Nantes.
Les mots Non au harcelement sont affiches dans le couloir du lycee Mandela a Nantes. — SIPA
  • La mairie de Bordeaux va lancer dans les prochains jours une enquête en ligne sur le harcèlement de rue, élaborée par une étudiante en psychologie sociale.
  • Il est prévu de lancer une campagne de sensibilisation à l’issue de l’enquête, particulièrement adressée aux témoins des scènes de harcèlement, peu nombreux à réagir.
  • Depuis 2014, les pouvoirs publics se mobilisent particulièrement sur ce dossier, une campagne a par exemple déjà eu lieu dans les transports en commun bordelais.

Le harcèlement continue à mobiliser les acteurs publics, à Bordeaux. Dans les prochains jours, une enquête en ligne sur ce phénomène sera lancée par  la mairie de Bordeaux sur son site, pour environ un mois. C’est une étudiante en Master 2 de psychologie sociale à l’université de Bordeaux qui a mis au point le questionnaire, validé par son département. Il doit permettre de mieux lutter contre ce phénomène en en recueillant les représentations sociales des Bordelais.

L’enquête débouchera sur une campagne de sensibilisation qui s’adressera en particulier aux témoins de ces scènes : « Comment faire qu’ils réagissent et ne restent pas passifs ? », précise Marik Fetouh, adjoint au maire de Bordeaux chargé de l’égalité et de la citoyenneté. Les associations Stop Harcèlement de Rue, et Hé Madmoizelle sont associés à l’étude.

Une étude plus large, sur l’ensemble de l’espace public

Crée en 2014, l’observatoire bordelais sur l’égalité, qui travaille sur toutes les discriminations, a mis au jour le harcèlement de rue comme une problématique criante des femmes au sein de l’espace public. « Attention, on n’est pas pires qu’ailleurs, avertit Marik Fetouh. A Paris 100 % des femmes disent avoir déjà eu à subir du harcèlement de rue et ici c’est 93 %. C’est un phénomène global ».

Une grande campagne a déjà eu lieu dans les transports en commun de la métropole bordelaise en février 2017, après les résultats d' une enquête sur les nouvelles mobilité et l'égalité hommes-femmes. « Et la nuit, des arrêts à la demande des bus ont par exemple été mis en place », commente Marik Fetouh. Dans le cadre de l’opération campus, une étude sur le sentiment d'insécurité et les agressions sexuelles sur les sites universitaires de Bordeaux a été menée au printemps 2017 pour réflèchir notamment à des aménagements plus sécurisants pour les étudiantes.

« Là ce que l’on souhaite c’est aller plus loin dans la sensibilisation : alors qu’avant les potentiels agresseurs étaient visés pour arriver à une stigmatisation du harcèlement en tant que tel, on prend un nouvel angle en s’adressant aux témoins et ce sur l’ensemble de l’espace public », détaille l’élu. Beaucoup reste à faire dans le domaine de l’égalité hommes femmes en France, qui accuse un retard par rapport à d’autres pays et notamment ceux du nord. « Les campagnes de sensibilisation ne vont pas révolutionner la société mais c’est grâce à ce type d’action qu’on fera avancer les choses dans le bon sens », fait-il valoir.

D’autres dispositifs viennent déjà compléter les campagnes de communication. En amont de chaque projet de requalifications urbaines, des marches exploratoires genrées sont organisées, pour donner la parole aux femmes sur les aménagements publics futurs.