Bordeaux: En plein boom démographique, le quartier Bacalan veut davantage de trams

MOBILITE Des habitants du quartier de Bacalan réunis au sein de plusieurs associations demandent une amélioration globale de l'offre de transports en commun dans un quartier qui a gagné beaucoup d'habitants et qui souffrent d'embouteillages chroniques...

Elsa Provenzano

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Les fréquences des trams sont de 10 minutes en heures de pointe dans ce secteur de Bacalan.
Les fréquences des trams sont de 10 minutes en heures de pointe dans ce secteur de Bacalan. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Plusieurs associations du quartier Bacalan, à Bordeaux, pointent des insuffisances dans l'offre de transports en commun du secteur. Une pétition ayant réuni plus de 1.500 signatures demande une amélioration des dessertes. 
  • En dix ans la population du quartier a doublé et ces associations estiment que le réseau de transports n'a pas été adapté à cet essor. 
  • Au-delà d'une augmentation de fréquence pour les tramways, elles demandent l'aménagement de pistes cyclables et l'étude d'une liaison Batcub. 

« Cela fait 16 ans que j’habite le quartier Bacalan et depuis quelque temps, je demande à mes enfants et petits enfants qui viennent me voir d’éviter les heures de pointe », témoigne une Bordelaise. « A partir de 16 h, on ne peut plus rouler dans le quartier », surenchérit un autre. Les rames de tram sont bondées aux heures de pointe et le parc relais voisin est saturé.

Le quartier Bordeaux maritime, en pleine mutation, a gagné de nombreux habitants ces dernières années. Rien que sur le secteur de Bacalan, la population est passée de 8.000 en 2007, année de mise en service du tramway, à 18.000 aujourd’hui. Une pétition en ligne pour l’amélioration des transports sur le quartier a recueilli près de 1.600 signatures. « Si on veut moins de voitures dans les villes, il faut plus d’infrastructures de transports en commun et de parcs-relais », ajoute Albert Garcia, membre de l’association Vie et Travail.

La Cité du vin coupe le quartier en deux

A écouter les habitants de Bacalan dont certains ont choisi de se réunir au sein d’associations comme Vie et Travail et le collectif Transports Bordeaux Maritime une frontière existe au sein du quartier Bordeaux Maritime, à hauteur de la Cité du vin. « Seul un tramway sur deux franchit les Bassins à flot », regrette Cédric Bayle, cofondateur du collectif Transports Bordeaux Maritime. Un terminus partiel a été mis en place à la station Cité du Vin pour accroître les fréquences de passage dans le centre, au détriment des stations plus éloignées.

« On a des fréquences de 10 à 15 minutes en journée et de 10 minutes en heure de pointe », pointe Cédric Bayle. Et si à d’autres bouts de lignes du réseau bordelais les fréquences sont moins bonnes qu’à Bacalan, les associations font valoir que le quartier fait partie de Bordeaux intra muros et que sa croissance démographique est particulièrement forte.

« Il n’y a pas d’obstacle technique, assure Cédric Bayle. On le voit les soirs de match puisque les fréquences sont alors augmentées ». Mais le soir, c’est possible parce qu’il y a davantage de rames disponibles qu’en journée, répond Bordeaux Métropole. Elle estime cette demande « légitime » mais fait valoir qu’il est nécessaire d’augmenter le nombre de rames pour pérenniser des hausses de fréquence. La bonne nouvelle, c’est que de nouvelles rames seront mises en service en 2019 et la Métropole assure qu’elle va « regarder précisément ce qu’il est possible de faire ». La proximité d’un garage de tramways près de la station Achard, pourrait jouer en faveur de cette mesure.

D’autres idées pour améliorer la fluidité

« Pour développer un réseau de tramways en ceinture plutôt qu’en étoile, on demande aussi un bouclage des lignes B et C dans la zone de Bordeaux nord », souligne Vincent Maurin, vice-président de l’association Vie et Travail. À côté du parc relais et de la station de tram Brandenburg, les associations estiment qu’une passerelle, qui devrait être rénovée, pourrait accueillir une liaison Batcub. « Nous n’apportons pas une réponse monoforme au problème, souligne Vincent Maurin. La liaison vélo est aujourd’hui compliquée (les cyclistes ont le choix entre les voies du tram ou le trottoir à certains endroits), on propose un aménagement des quais pour les cyclistes, jusqu’aux berges de Garonne ».

« J’ai vu qu’Alain Juppé fait des propositions pour 2050 mais nous, nous n’avons pas envie d’attendre autant », lâche Cédric Bayle. Les associations espèrent un engagement rapide de la Métropole Bordelaise, en particulier sur l’amélioration des fréquences de passage du tram.