Bordeaux: Les projets d'entreprises sur la métropole créent de plus en plus d'emplois

ECONOMIE Bordeaux Métropole a attiré en 2017 80 nouvelles entreprises, représentant plus de 2.100 emplois. Et le premier trimestre 2018 démarre plutôt bien...

Mickaël Bosredon

— 

Quartier des Bassins à Flot à Bordeaux, le 6 mars 2018.
Quartier des Bassins à Flot à Bordeaux, le 6 mars 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • La structure Invest In Bordeaux, qui accompagne les projets d'entreprises, vient de signer l'implantation de la Macif sur Euratlantique.
  • Les acteurs économiques insistent sur la notion de collectif pour continuer à être performant par rapport aux autres métropoles françaises.
  • Alain Juppé vole au secours de la LGV Bordeaux-Paris, un «outil de développement» insiste-t-il.

Bordeaux Métropole pourra-t-elle faire mieux en 2018 qu’en 2017 en matière de créations d’entreprises ? Le challenge sera difficile, tant l’année 2017 a été celle de tous les records. Mais pas impossible. D’ailleurs, elle démarre plutôt bien.

Selon les chiffres d'Invest In Bordeaux, l’association de Bordeaux Métropole en charge d’accompagner les projets d’entreprises, au premier trimestre 2018 « nous avons 53 nouveaux dossiers, dont 40 dossiers favorables qui devraient se concrétiser » vient d’annoncer on président Lionel Lepouder. Parmi eux, trois concernent des projets créateurs de 50 emplois ou plus. Dont un qui verra le jour sur Euratlantique : celui de la Macif. « Il va générer 50 emplois dès 2018, et l’entreprise a déjà recruté 40 personnes. »

Une moyenne de 27 emplois par création d’entreprise

En 2017, Invest In Bordeaux a attiré 80 nouvelles entreprises sur la métropole, pour plus de 2.100 emplois annoncés. Soit une augmentation de 130 % par rapport à 2014, et + 39 % par rapport à 2016. « C’est tout simplement un score jamais égalé », souligne Lionel Lepouder. Avec des tailles de dossiers de plus en importantes, « puisque l’on est à 27 emplois par dossier désormais. »

Lionel Lepouder, président d'Invest In Bordeaux.
Lionel Lepouder, président d'Invest In Bordeaux. - M.Bosredon/20Minutes

En comparaison avec d’autres métropoles, « Nantes a créé 1.167 emplois pour 80 dossiers et Lyon 2.160 emplois pour 103 projets. On a dépassé ces deux villes en terme d’emplois créés par dossier » se félicite encore Lionel Lepouder. « Ce qui est marquant aussi, c’est l’arrivée de grandes marques sur le territoire : Betclic, Ubisoft, Hermès… »

Côté investissement, 275 millions d’euros ont été injectés dans la métropole en 2017 sur les bureaux, entrepôts et commerces. Un chiffre en retrait par rapport à 2016 cette fois-ci, « année où il y avait eu de grosses opérations sur Euratlantique », nuance toutefois l’Observatoire de l’immobilier d’entreprise. Et ces investissements sont bien répartis sur la métropole, avec 50 % sur Bordeaux et 50 % en périphérie.

Jouer collectif

Les acteurs économiques bordelais soulignent la notion de « collectif » pour expliquer ces bons résultats. « Prenons le cas d'Hermès, qui va s'implanter sur Saint-Vincent-de-Paul, alors qu’Euratlantique était son interlocuteur exclusif pour discuter en confidentialité, explique notamment Stephan de Faÿ, directeur d’Euratlantique. Jamais nous ne nous sommes positionnés pour capter Hermès contre un autre territoire, assure-t-il, mais bien pour faire en sorte que cette entreprise décide de faire ses propres choix par rapport à ce qui était le plus important pour elle. Nous avons été amenés à lui présenter un certain nombre de sites, jusqu’à Libourne, et une décision a été prise d’une implantation à Saint-Vincent-de-Paul. Tant qu’on restera collectivement dans cette dynamique on continuera à avoir de beaux résultats. »

Un collectif qu’il va même falloir songer à étendre, estime Patrick Seguin, président de la CCi Bordeaux-Gironde. « Il va falloir élargir nos frontières aux collectivités qui sont autour de la métropole. On manque de place, alors qu’on a des territoires à 12 km qui ont 30 % de chômage. »

La qualité de vie, un atout à préserver

L’autre clé du succès, se trouve derrière la qualité du territoire bordelais, et sa réputation. Julien Mayeux, directeur du studio d’Ubisoft Bordeaux, souligne ainsi que « Bordeaux s’est assez vite imposé » comme choix prioritaire « pour plusieurs raisons, notamment parce que c’est une terre de jeux vidéo depuis 20 ans, mais aussi pour la qualité de vie. » L’antenne bordelaise d’Ubisoft a déjà embauché 92 personnes et devrait rapidement atteindre la centaine. « Et quand je recrute des candidats, qu’ils viennent de Singapour ou de Montréal, ce que je mets en avant ici c’est la qualité de vie. »

Pour le président de la métropole Alain Juppé, il ne faut toutefois pas « s’endormir sur ses lauriers. » « Nous sommes petits face à d’autres métropoles, comme Lyon par exemple. Il faut donc tenir notre rang, et nous avons des marges de progression, avec une idée directrice : comment concilier la croissance démographique et le maintien d’une haute qualité de vie qui est notre principal atout. »

Le maire de Bordeaux a également souligné l’importance de la LGV Bordeaux-Paris. Et poussé un coup de gueule. « Il y a en a marre de dénigrer la LGV. Matin, midi et soir on entend dire que la SNCF a fait une erreur en mettant de l’argent dans cette ligne à grande vitesse. La LGV c’est formidable : 70 % d’augmentation du trafic sur Bordeaux-Paris depuis sa création. C’est donc un levier de développement. Et c’est devenu un transport du quotidien. C’est un atout et il faut continuer : avec la région, nous entendons peser au maximum pour que Bordeaux-Toulouse se réalise. »