Bordeaux veut accueillir la Robocup, la Coupe du monde des robots, en 2020

HIGH-TECH La candidature bordelaise pour l'organisation de la RoboCup 2020 a été déposée. Réponse le 22 juin...

Mickaël Bosredon

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Démonstration de robots footballeurs, à l'occasion de la présentation de la candidature de Bordeaux à l'organisation de la Robocup2020, le 13 mars 2018.
Démonstration de robots footballeurs, à l'occasion de la présentation de la candidature de Bordeaux à l'organisation de la Robocup2020, le 13 mars 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • La RoboCup est une compétition internationale qui réunit plusieurs équipes de robots dans différentes catégories, dont le football.
  • Elle réunit 5.000 participants et 100.000 visiteurs.
  • L'objectif de cette épreuve est de constituer une équipe de robots capable de battre l'équipe, humaine, championne du monde en 2050.

Bordeaux est officiellement candidate à l'organisation de la RoboCup2020, la Coupe du monde des robots, qui se déroulera du 23 au 29 juin. Le comité d’organisation a été constitué, et le dossier a été déposé. La réponse du comité international est attendue pour le 22 juin 2018, dernier jour de la RoboCup 2018 qui se tient cette année à Montréal.

Bordeaux est candidate à l'organisation de la Robocup2020
Bordeaux est candidate à l'organisation de la Robocup2020 - M.Bosredon/20Minutes

 

La RoboCup, c’est la plus grande compétition de robotique et d’intelligence artificielle du monde. Elle réunit quelque 5.000 participants et environ 100.000 visiteurs. Le point d’orgue en est les rencontres de football entre robots, évidemment, mais ce n’est pas que cela, puisque des robots s’affrontent également dans les catégories « aides à la personne », « monde du travail », « situations de catastrophe. »

Une candidature française

C’est une équipe bordelaise, l'équipe « Rhoban » menée par le chercheur du LaBRI (Laboratoire Bordelais de recherche en informatique) de l’Université de Bordeaux, Olivier Ly, qui est à ce jour double championne du monde de football dans la catégorie « Humanoïde ».

Olivier Ly est désormais président du comité RoboCup France. Car la candidature bordelaise est bel et bien la candidature française. Elle est soutenue par diverses institutions sur l’ensemble du territoire, et au niveau régional par le conseil régional Nouvelle-Aquitaine, la métropole de Bordeaux, l’université de Bordeaux et diverses entreprises (Aquitaine Robotics, Génération Robots, EDF, Suez, Thales, Orange…)

Olivier Ly, président du comité RoboCup France et champion du monde de la RoboCup 2016 et 2017 avec l'équipe Rhoban.
Olivier Ly, président du comité RoboCup France et champion du monde de la RoboCup 2016 et 2017 avec l'équipe Rhoban. - M.Bosredon/20Minutes

Créée en 1996 par Hiroaki Kitano, cette compétition s’est donnée pour objectif de mettre au point une équipe de robots totalement autonomes capables de vaincre, en 2050, l’équipe humaine championne du monde de football.

« 2050 est un bon challenge pour battre la meilleure équipe du monde humaine »

« Il y a 25 ans, le problème de l’intelligence artificielle, c’était le jeu d’échec : comment gagner face à un humain ?, rappelle Dominique Duhaut, cofondateur de la RoboCup, et président du comité d’organisation. Ce problème a depuis été résolu par IBM. Mais le jeu d’échec était un problème statique, théorique… Jouer derrière une balle qui bouge tout le temps et qui est dans un monde physique, là il y a un saut qui est absolument énorme. »

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« On s’est dit que si on arrivait à résoudre le problème de faire des équipes de robots capables de jouer au foot, face à des adversaires qui vous empêchent de réaliser votre tâche, vraisemblablement cela permettrait de faire des équipes de robots pour mettre dans des entreprises, dans le domicile pour aider des personnes, etc., poursuit Dominique Duhaut. La motivation de départ c’est celle-là. Je pense que 2050 est un bon challenge pour battre la meilleure équipe du monde, humaine, avec des robots. Pour l’instant, ils ne savent pas encore très bien courir, ils tombent encore quand ils tapent dans la balle. Il y a encore beaucoup de recherche. Mais il y a aussi, déjà, beaucoup de retombées technologiques. »

« Un moyen d’intéresser les jeunes aux sciences du numérique »

Pour les entreprises, l’événement est peu à peu devenu un rendez-vous incontournable. « La RoboCup est une opportunité pour les entreprises : pour l’exposition que cela amène, et aussi parce que c’est un lieu d’échange », explique Jérôme Laplace, dirigeant de HumaRobotics.

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« C’est aussi l’occasion de faire valoir une filière en Aquitaine, via le cluster Aquitaine Robotics, poursuit Jérôme Laplace. La région Nouvelle-Aquitaine est bien dotée en centres de recherche de pointe de niveau national et international. Il y a beaucoup de savoir-faire sur la création de robots et la recherche en robotique. Et puis c’est, enfin, un lieu d’échange avec l’éducation : la robotique, c’est à la fois un support et un prétexte pour l’éducation, et un moyen d’intéresser les jeunes aux sciences du numérique. »

L'équipe de la candidature de Bordeaux à l'organisation de la RoboCup 2020.
L'équipe de la candidature de Bordeaux à l'organisation de la RoboCup 2020. - M.Bosredon/20Minutes

« On a des pépites sur ce territoire et il est nécessaire de les mettre en valeur, confirme Alain Turby, en charge du numérique à la métropole. Il est important que nous réussissions cette candidature, car c’est un événement qui va permettre le rayonnement international de notre territoire. »