Nouvelle-Aquitaine: Les mères seules cumulent les fragilités, face à l’emploi et au logement

FAMILLE A la veille de la journée des droits des femmes, l’Insee Nouvelle Aquitaine a présenté son étude sur la monoparentalité, mettant en avant qu’une mère néo-aquitaine sur cinq est à la tête d’une famille monoparentale…

Elsa Provenzano

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Les mères seules davantage exposées au chômage que celles en couple.
Les mères seules davantage exposées au chômage que celles en couple. — Insee Nouvelle Aquitaine
  • Il y a de plus en plus de familles monoparentales et même si les hommes sont de plus en plus à la tête de ces familles, ce sont en très grande majorité des femmes.
  • 127.000 mères élèvent seules leurs enfants en Nouvelle Aquitaine, selon les dernières données de recensement 2014 de l’Insee.
  • Elles cumulent des fragilités dans leur accès à l’emploi et au logement.

En Nouvelle-Aquitaine 127.000 mères élèvent seules leurs enfants, représentant 18,4 % des familles de la région, selon les données de l’Insee qui s’appuie sur le dernier recensement réalisé en 2014. Dans l’étude « Une mère néo-aquitaine sur cinq à la tête d'une famille monoparentale », réalisée par Cédric Lacour, chargé d’études à l'Insee, et rendue publique ce mercredi, on apprend que ce taux se situe en position intermédiaire dans le classement des régions françaises.

Davantage confrontées au temps partiel et au chômage

Ces femmes qui se retrouvent à gérer seules le foyer familial sont moins diplômées que les mères en couple : 30 % d’entre elles ont un diplôme d’études supérieures contre plus de 40 % pour les mères en couple. « Je n’ai pas pu m’inscrire à l’université pour reprendre des études parce que sinon je perdais mon droit au RSA », regrette ainsi Malika, maman de deux enfants et membre d’un collectif de mères isolées, accompagné par le centre social La Pépinière, à Pau, invité par l’Insee ce mercredi. On nous enferme dans des cases de l’emploi. »

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En observant la répartition par catégories socioprofessionnelles, on observe que les mères seules sont plus souvent employées et ouvrières que celles qui sont en couple. Elles sont aussi deux fois plus frappées par le chômage, surtout quand elles élèvent des enfants en bas âge (voir graphique). Ces mères seules sont également davantage employées à temps partiel : 15,4 % contre 10,8 % pour les mères en couple, et cela augmente encore lorsqu’elles élèvent des enfants en bas âge : 21,7 % contre 11,5 %.

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Fragiles financièrement, les mères seules ont moins recours (42,5 %) aux modes de garde payant (crèches et assistantes maternelles) que les mères en couple (50,7 %). Autre écart flagrant, le logement. Les mères seules sont seulement 28 % à être propriétaires contre 70 % pour les mères en couple et davantage locataires dans le parc social (31 % contre 8 % pour les mères en couple).

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Malika n’hésite pas à parler de la monoparentalité comme d’un « apartheid social ». « On n’est personne parce qu’on tombe dans une précarité financière et sociale », lâche-t-elle.

Pour Sophie Buffeteau, directrice régionale aux droits des femmes et à l’égalité, ce type d’études a vocation à « mieux adapter les politiques publiques » destinées à ces populations fragilisées.