Bordeaux: Contre-la-montre lancé pour la fabrication de la soucoupe volante

CULTURE En cours de fabrication à Nantes, Le Vaisseau spatial de l'artiste Suzanne Treister sera inauguré le 30 mai...

Frédéric Brenon

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La structure du Vaisseau spatial est conçue à l'atelier nantais Metalobil.
La structure du Vaisseau spatial est conçue à l'atelier nantais Metalobil. — F.Brenon/20Minutes
  • L'œuvre d'art, contestée par des riverains, sera inaugurée le 30 mai ou le 6 juin aux Bassins à flot.
  • Cette soucoupe volante mesurera 16 m de diamètre et pèsera 10 tonnes.
  • Accrochée à 6 m au dessus du fleuve, elle donnera l'impression de s'envoler.

C’est l’œuvre majeure de la commande publique d’art contemporain Garonne. Le Vaisseau spatial, signé de l’artiste britannique Suzanne Treister, sera inauguré le 30 mai ou le 6 juin à l’entrée du Bassin à flot n°1, a annoncé Bordeaux Métropole ce mardi. Contestée par des riverains, cette soucoupe volante métallique monumentale (16 m de diamètre) sera installée à 6 m au-dessus du fleuve, maintenue en l’air par une dizaine de poteaux symbolisant « des rayons X de science-fiction ».

L'artiste Suzanne Treister a imaginé une oeuvre en forme de navette spatiale qui sera installée au ras de l'eau aux Bassins à flot.
L'artiste Suzanne Treister a imaginé une oeuvre en forme de navette spatiale qui sera installée au ras de l'eau aux Bassins à flot. - David Durand pour BOLD

C’est l’atelier nantais Metalobil, spécialiste des créations originales dans le domaine de l'art, du mobilier ou de la décoration, qui, après six mois d’études, vient d’en commencer la réalisation. « On conçoit d’abord une charpente de portiques en acier répartis autour d’un puits central. Puis on viendra la couvrir de 1.500 lames d’aluminium, un peu comme on pose des ardoises », explique François Chesnot, architecte chez Metalobil.

Des lames d’aluminium à arrondir

La difficulté vient du poids de la sculpture (10 tonnes au total) et de l’aluminium à façonner. « On utilise des rivets pour tordre les lames d’alu et leur donner la forme voulue. C’est une technique de précision empruntée à l’aéronautique. » La surface aura été préalablement traitée par « anodisation » afin de résister aux intempéries pendant « des dizaines d’années ».

Le Vaisseau spatial nécessite le façonnage de 1500 lames d'aluminium.
Le Vaisseau spatial nécessite le façonnage de 1500 lames d'aluminium. - F.Brenon/20Minutes

L’autre difficulté vient du calendrier extrêmement serré. « Les débats techniques liés au site d’implantation, les oppositions exprimées, tout ça a pris du temps », regrette Eric Troussicot, co-concepteur. Fin avril, la navette spatiale sera transférée pour être assemblée à Pessac, chez l’entreprise Balineau, chargée, elle, des fondations immergées. La pose finale, fin mai, nécessitera une quinzaine de jours et le recours à une barge et une grue de levage. Le Vaisseau spatial sera incliné à 15° « pour donner l’impression soit qu’il décolle, soit qu’il amerrit ».

« Elle marquera le territoire »

L’œuvre, qui rappelle, selon l’artiste londonienne, « les navires de la Seconde Guerre mondiale échoués dans la Garonne », est estimée à 700.000 euros. « Jusqu’à ce qu’on rencontre Metalobil, on désespérait de trouver une solution permettant de respecter le budget », confie Eric Troussicot, le co-concepteur.

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« Je crois qu’elle marquera le territoire et ce quartier des Bassins à flot », insiste Michel Duchène, vice-président de la métropole. « Ce n’est pas un projet comme un autre, confirme Freddy Bernard, co-gérant de Metalobil. On sait qu’on est en train de faire quelque chose qui aura une portée symbolique certaine à Bordeaux. On ne doit pas se rater. »

Les deux autres œuvres faisant partie du triptyque « Les Vaisseaux de Bordeaux » coûteront un total de 800.000 euros.