Bordeaux: Les loueurs inscrits sur des plateformes type Airbnb doivent passer par la case mairie

LOGEMENT Depuis ce jeudi 1er mars, les propriétaires souhaitant mettre leurs biens en location sur des plateformes de type Airbnb devront s’enregistrer en mairie et suivre de nouvelles règles…

Elsa Provenzano

— 

La plateforme Airbnb,va collecter la taxe de séjour à Bordeaux à partir du 1er août 2016.  / AFP PHOTO / John MACDOUGALL
La plateforme Airbnb,va collecter la taxe de séjour à Bordeaux à partir du 1er août 2016. / AFP PHOTO / John MACDOUGALL — AFP
  • A partir de ce jeudi, les hôtes inscrits sur des plateformes type Airbnb doivent se déclarer en mairie et ils ne pourront pas louer au-delà de 120 jours sans déclarer un changement d’usage de leurs biens.
  • Le club des hôtes bordelais estime que le dispositif est trop contraignant et se plaint d’un manque de consultation de la part de la mairie.

A partir de ce jeudi, les propriétaires bordelais qui mettent en location leurs biens sur des plateformes de type Airbnb vont devoir se signaler en mairie et se conformer à de nouvelles règles. Ils ne pourront notamment pas louer au-delà de 120 jours par an, à moins de changer la destination d’usage de leur bien, ce qui doit permettre d’éviter que des habitations entières soient dévolues à la location toute l’année, au détriment de l'offre de logement global de la ville, dans un marché immobilier déjà sous tension. Cette réglementation a été mise en place à Paris depuis octobre 2017. 

>> A lire aussi : Bordeaux: La ville va réglementer la location des logements de type Airbnb à partir de mars

En juillet 2017, le conseil municipal de Bordeaux a voté en faveur d'une régulation du marché de la location de meublés de tourisme, en s’appuyant sur un décret paru au journal officiel du 30 avril qui autorise les municipalités à contraindre les loueurs à s’enregistrer en mairie. Depuis le 1er août 2016, les locataires des plateformes séjournant à Bordeaux s’acquittent d’une taxe de séjour. L’ampleur du phénomène Airbnb sur la capitale girondine avait été mise en évidence par l’élu d’opposition municipal Matthieu Rouveyre (PS), à l'initiative d'un observatoire sur le sujet en avril 2016. 

80 % des offres sont exclusivement dédiées à la location saisonnière

Selon les chiffres de l’observatoire, rendus publics par Matthieu Rouveyre, on compte 12.381 offres sur Airbnb à Bordeaux au 28 février 2018, soit une hausse de 88 % en un an, dont 9.682 logements entiers (augmentation de 91 % en un an). Le plus inquiétant reste que plus de 80 % des offres sont exclusivement dédiées à la location saisonnière. Pour éviter que des logements soient durablement confisqués par les locations saisonnières, la durée de location est à présent limitée.

>> A lire aussi : Toulouse: L’an prochain, les propriétaires qui louent sur AirBnb vont (aussi) devoir se déclarer en mairie

Les particuliers pourront louer leur résidence principale jusqu’à quatre mois par an mais au-delà, il leur faudra obtenir une déclaration de changement d’usage de leurs locaux d’habitation en meublés de tourisme. Et dans ce cas-là, ils seront aussi soumis à des mesures de compensation, c’est-à-dire qu’ils devront proposer à la location classique la même surface dans le même secteur. En clair, sur un seul appartement, il ne sera plus possible d’effectuer une location saisonnière exclusive.

Le club des hôtes opposé au nouveau dispositif

Depuis juillet 2017, un club des hôtes bordelais inscrits sur Airbnb a été créé et il ne voit pas d’un bon œil cette nouvelle réglementation. « Les élus bordelais, qui évoquent souvent l’impact Airbnb à Bordeaux et la nécessité de réguler notre activité, oublient trop souvent de nous consulter, nous, habitants de Bordeaux hôtes sur Airbnb, alors même qu’ils sont particulièrement attentifs aux arguments des lobbies hôteliers », écrit le club dans un communiqué.

Il juge le nouveau dispositif trop contraignant en termes de formalités administratives et regrette que la ville n’ait pas accepté la proposition d’Airbnb, formulée il y a un an, de bloquer automatiquement le nombre de nuitées à 120 jours, sans que les hôtes aient des démarches à effectuer.

>> A lire aussi : Bordeaux: Airbnb accusé de confisquer durablement des logements aux habitants, au profit des touristes

Se félicitant de la mise en place de cette réglementation Matthieu Rouveyre craint néanmoins qu’elle soit insuffisante. « Pour lutter efficacement contre la confiscation des logements provoquée par la location touristique, Bordeaux devra probablement baisser le nombre de nuitées autorisées, réaliser de réels contrôles et accepter de faire un effort supplémentaire de construction de logements sociaux », conclut-il.