Police de sécurité du quotidien à Bordeaux: A Bacalan, des habitants excédés par les incivilités

DELINQUANCE La police de sécurité du quotidien, qui va se déployer dans 30 quartiers en France, a été officiellement lancée ce mercredi à Bordeaux...

Mickaël Bosredon

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Lancement de la police de sécurité du quotidien dans le quartier Bordeaux Maritime, ici à Bacalan, le 28 février 2018.
Lancement de la police de sécurité du quotidien dans le quartier Bordeaux Maritime, ici à Bacalan, le 28 février 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • Les habitants de Bordeaux Maritime, et particulièrement de Bacalan, subissent rodéos nocturnes et attroupements.
  • Des effectifs de police supplémentaire seront affectés à ce secteur.
  • Le déploiement complet du dispositif se fera d'ici au mois de septembre.

La police de sécurité du quotidien dans le secteur Bordeaux Maritime (Bacalan, Les Aubiers, Bassins à Flot et Chantecrit) est très attendue d’une partie des habitants. Mais pas de tout le monde. En témoigne l’œuf jeté du haut d’une tour en direction des forces de l'ordre et des autorités, mercredi après-midi, lors du lancement officiel de cette nouvelle police rue Joseph-Brunet à Bacalan.

Alain Juppé en visite dans le quartier Bacalan à Bordeaux pour le lancement de la police de sécurité du quotidien.
Alain Juppé en visite dans le quartier Bacalan à Bordeaux pour le lancement de la police de sécurité du quotidien. - M.Bosredon/20Minutes

 

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Que ce soit de ce côté de Bacalan, ou du côté de l’avenue de Labarde notamment connue pour ses rodéos nocturnes, de plus en plus d’habitants sont exaspérés par les incivilités au quotidien. « Moi, j’habite depuis 48 ans sous le pont d’Aquitaine avenue de Labarde, témoigne une résidente. Et je m’aperçois que d’année en année cela se dégrade au niveau sécurité. Toutes les nuits nous ne dormons pas parce que ces messieurs font des dérapages avec leurs voitures, et la musique c’est infernal. J’habite dans une impasse, et là toute la nuit j’ai au moins 80 voitures qui rentrent tous les soirs. C’est intenable. »

«J’ai vu le quartier dépérir»

Marie-Agnès Ribette vit, elle aussi près du pont d’Aquitaine, avenue du docteur Schinazi. « J’habite ici depuis 50 ans, et j’ai vu le quartier dépérir. Là, c’est pas la bonne saison : pour se rendre compte de ce qu’il se passe il faut venir au printemps et en été, car il y a beaucoup de communautés qui vivent dehors. Ici, d’habitude le soir on ne sait même pas comment rentrer chez soi. Il y a des trafics en tout genre aussi, je les vois. Ce qui a vraiment changé, c’est la convivialité qui a disparu. De cette police j’attends qu’elle recadre les nouveaux arrivants, qu’elle leur apprenne les devoirs et la vie en commun. »

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Si le quartier Bordeaux Maritime concentre 15 % de la délinquance de Bordeaux, selon les chiffres de la préfecture, les témoignages font surtout état d’incivilités. « Ce qui est très grave aussi, admet le préfet de la Gironde Didier Lallement, venu ce mercredi présenter cette police de sécurité du quotidien. Pour ces incivilités, j’ai tendance à penser qu’il y a aussi le rôle de la famille en la matière. Les pouvoirs publics ne peuvent pas se substituer à ce qu’auraient du faire les parents. Mais le but d’une police supplémentaire, ce sera de les limiter. »

«Changer le quotidien de ce quartier»

« Ce qui compte pour nous, poursuit le préfet, c’est d’avoir un contact avec ceux qui habitent et travaillent ici, pour avoir une approche des incivilités. Cela vise à prévenir et sanctionner, mais surtout à guérir. La première chose que j’ai proposé de mettre en place, c’est un délégué du préfet, pour faire le lien entre les habitants, la police et moi. Il nous faut détecter la novation des situations, pas forcément immédiatement identifiable pour nous. »

Le préfet de la Gironde Didier Lallement, lors du lancement de la police de sécurité du quotidien à Bordeaux, le 28 février 2018.
Le préfet de la Gironde Didier Lallement, lors du lancement de la police de sécurité du quotidien à Bordeaux, le 28 février 2018. - M.Bosredon/20Minutes

 

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« Nous allons aussi déployer des effectifs nouveaux, supplémentaires, dans ce quartier. La brigade spécialisée de terrain, soit 12 fonctionnaires, sera désormais dédiée à ce quartier. Nous allons aussi réaliser des opérations dites de Slic (Structure légère d’intervention et de contrôle), pour montrer la présence policière sur le terrain, et montrer qu’il se passe quelque chose. En principe c’est 10 à 15 fonctionnaires qui interviennent de manière très précise. C’est un dispositif qui va se déployer entre aujourd’hui et le mois de septembre. Tout cela pour essayer de changer le quotidien de ce quartier. »