VIDEO. Bordeaux: «Lamentable», «vulgarité extrême»... Juppé sort l'artillerie lourde après les propos de Wauquiez

POLEMIQUE Alain Juppé, qui n'avait toujours pas réagi aux propos du président de LR accusant sa gestion à Bordeaux, s'est largement exprimé sur cette affaire ce lundi en amont du conseil municipal...

Mickaël Bosredon
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Alain Juppé, à son arrivée à l'hôtel de ville de Bordeaux, le 26 février 2018.
Alain Juppé, à son arrivée à l'hôtel de ville de Bordeaux, le 26 février 2018. — M.Bosredon/20Minutes
  • Le maire de Bordeaux a dénoncé les « fake news » de Laurent Wauquiez à son encontre.
  • Il estime les propos du président de LR « dévastateurs » pour le parti et la droite en général.
  • Il accuse à son tour l'ex-maire du Puy-en-Velay de ne pas avoir contenu l'endettement dans sa ville.

Il ne s’est pas fait prier pour répondre aux accusations de Laurent Wauquiez. Le maire de Bordeaux Alain Juppé tenait ce lundi en début d’après-midi une conférence de presse avant le conseil municipal, très attendue, suite aux sorties du président de LR devant une école de management de Lyon, et dont une partie a été retranscrite il y a une semaine dans l’émission Quotidien. Laurent Wauquiez y attaque sévèrement la politique fiscale et financière d’Alain Juppé, l’accusant d’avoir « cramé la caisse » à Bordeaux.

Dans ce type de propos, « il n’y a pas de bonne solution, a estimé Alain Juppé. Soit on répond - et je ne vous cache pas que ça me démange de claquer le bec de certains -, mais à ce moment vous relancez la polémique, soit vous ne dites rien et vous laissez circuler des contre-vérités. Des fake news. Elle en est bourrée cette intervention estudiantine. »


« Je ne veux pas rajouter au désordre, poursuit le maire de Bordeaux, tout ceci est lamentable, cela repose sur de fausses informations, les propos sont d’une vulgarité extrême, et le système de défense est absurde : depuis quand faisons-nous des cours devant des étudiants en leur demandant la confidentialité de ce qu’on leur dit ? Cela n’a pas de sens. Quant aux effets sur LR et la droite en général ils sont tout à fait dévastateurs. »

Juppé attend une prise de position officielle de Virginie Calmels

Alain Juppé a par ailleurs été interrogé sur le silence dans cette affaire de son adjointe Virginie Calmels, également... vice-présidente de LR aux côtés de Laurent Wauquiez. « S’agissant de Virginie Calmels, je l’ai vue ce matin, elle sera là cet après-midi au conseil municipal. Elle m’a assuré de sa totale solidarité ce matin sur la gestion de la ville de Bordeaux. Chacun fait ce qu’il veut au niveau national, dès lors qu’il y a solidarité sur la gestion locale, c’est la ligne rouge. » Et d’espérer une intervention publique de son adjointe.

Au cours de sa conférence de presse, Alain Juppé a longuement défendu la situation financière et fiscale de sa ville. « Nous sommes tombés en 2018 à quatre années de capacité de désendettement et en fin de mandature nous serons à un peu moins de sept ans. Je rappelle que le seuil d’alerte est de douze ans. Nous sommes donc tout à fait en dessous de ce seuil. C’est une situation tout à fait saine et solide. »

Alain Juppé lors de sa conférence de presse à Bordeaux, le 26 février 2018.
Alain Juppé lors de sa conférence de presse à Bordeaux, le 26 février 2018. - M.Bosredon/20Minutes

« Certains ne sont pas fondés à donner des leçons aux autres dans ce domaine »

Toujours à propos de la dette, « en ce qui concerne la dette par habitant, Bordeaux se situe dans la bonne moyenne des villes de la strate des plus de 100.000 habitants. Nous sommes un petit peu au-dessus de la moyenne, 10 % environ, à 1.523 euros par habitant, mais Lille est à 1.789, Paris à 2.069, Marseille à 2.110… Je relève au passage, par simple curiosité, que la ville du Puy-en-Velay, dirigée jusqu’en 2016 par Laurent Wauquiez, affiche un endettement par habitant supérieur de 20 % par rapport aux communes de la même strate. Je pense que certains ne sont pas fondés à donner des leçons aux autres dans ce domaine. »

Deuxième élément : la fiscalité. « Au taux global de taxe d’habitation, nous arrivons sur les dix grandes métropoles françaises hors Paris, parmi le trio des mieux placées avec Lyon et Nice. Et sur l’évolution des taxes foncières, de 2002 à 2017, sur les dix plus grandes villes françaises, nous sommes la ville qui a le moins fait évoluer le taux de ces taxes foncières, à l’exception de Montpellier. Le taux de progression sur ces 15 années a été à Bordeaux de 9,8 %, à Marseille de 30 %, à Strasbourg de 20 %… Voilà qui permet de recadrer ce qui a pu être dit par des incompétents et des ignorants sur la situation de la fiscalité à Bordeaux. »


Juste avant de terminer sa conférence, le maire n’a pu s’empêcher d’en ajouter une petite louche : « La capacité de désendettement à Bordeaux en 2016 est de 4,6 années, au Puy-en-Velay de 7,8. Ça craint ! »