L'avenir de la livraison par drone se dessine en Nouvelle-Aquitaine

INNOVATIONS La société AirMarine et le géant du e-commerce Cdiscount viennent de s'associer dans un projet nommé Pélican, qui vise à mettre en place une solution de livraison des colis par drone dans la région...

Mickaël Bosredon

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Gilles Olichon, PDG d'AirMarine.
Gilles Olichon, PDG d'AirMarine. — Sophie Neupert
  • La région Nouvelle-Aquitaine vient de soutenir le projet Pélican (Projet d’Etude de Livraison de Colis Aérien en Nouvelle-Aquitaine) à hauteur de 500.000 euros.
  • L’objectif est de proposer à Cdiscount une solution de livraison par drone d’ici à 2022.
  • Des questions de sécurité et de réglementation doivent toutefois être réglées d’ici là.

Etre livré par drone à son domicile n’est plus une utopie. La société AirMarine implantée à Léognan (Gironde), et le géant du e-commerce français Cdiscount, qui possède ses entrepôts de stockage à Cestas, viennent de s’associer dans un projet nommé Pelican (Projet d’Étude de Livraison de Colis Aérien en Nouvelle-Aquitaine), qui vise à développer une solution innovante de transport et de livraison urbaine par drone vers des points relais, suivant des routes prédéfinies.

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Le conseil régional, qui veut faire de la Nouvelle-Aquitaine « la région pilote de l’usage des drones en ville », vient de débloquer une subvention de 500.000 euros pour soutenir ce projet dans sa phase 1, qui se chiffre pour l’instant à un million d’euros, mais qui pourrait atteindre plusieurs dizaines de millions d’euros dans sa phase de développement.

« Le drone apparaît comme une solution particulièrement adaptée à ce type de livraison, pour la rapidité avec laquelle il peut opérer, pour son coût de revient opérationnel compétitif et son faible impact sur l’environnement », explique la région.

Acheminer les colis en 30 minutes vers un point-relais

AirMarine et Cdiscount ont réuni un ensemble de partenaires néo-aquitains pour lever les verrous technologiques, sécuritaires et réglementaires du projet, comme l’Institut Polytechnique de Bordeaux, Serma Safety And Security et Serma Technologies à Pessac, et Thalès Avionics à Mérignac.

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Chargé de coordonner l’ensemble du projet, AirMarine espère mettre en place une solution d’ici à 2022. L’objectif est de fournir à Cdiscount « plusieurs dizaines de drones capables de porter des colis entre 5 et 10 kilos », explique Gilles Olichon, président d’AirMarine.

L’enjeu pour l’entreprise de e-commerce est de pouvoir acheminer ses colis de Cestas vers un point-relais sur Bordeaux en 30 minutes, afin que le client puisse le récupérer une heure après sa commande. L’entreprise Relais-Colis vient d’ailleurs de rejoindre le projet.

« Parer à toutes les causes probables de défaillances et d’agressions »

D’ici là, il va falloir lever pas mal d’obstacles technologiques et réglementaires. « La problématique sécuritaire est très forte sur un drone comme celui-là, et on imagine bien que personne ne peut accepter qu’un drone puisse représenter un danger pour la population et les habitations » insiste Gilles Olichon.

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Ainsi, si d’apparence ce drone de livraison devrait ressembler à un drone classique, « à l’intérieur il sera bourré de capteurs, avec pour but de parer à toutes les causes probables de défaillances et d’agressions, en mettant en place des alternatives de vol pour chacun des aléas possibles. » AirMarine travaille pour cela avec la DGAC (Direction générale de l'aviation civile), qui a fixé des objectifs de défaillance extrêmement contraignants.

Un couloir de vol le long de la Garonne, puis au-dessus des zones d’habitation

Si les drones devraient dans un premier temps emprunter un couloir de vol le long de la Garonne pour éviter les zones habitées et ainsi vérifier la fiabilité des systèmes, l’objectif est bien d’arriver à leur faire survoler des zones d’habitation en toute sécurité.

« Toutefois, précise Gilles Olichon, on ne parle pas pour l’instant de livraison sur son balcon, car il faudrait pour cela imaginer que les habitations soient équipées de solutions pouvant recevoir les drones. Ce sera peut-être possible dans un premier temps en zones périurbaines, mais ce n’est pas pour tout de suite. »