Bordeaux: En 2017, les Franciliens ont représenté 12 % des acquéreurs

IMMOBILIER Plus de 40 % des acquéreurs Franciliens qui choisissent d’acheter à Bordeaux viennent de Paris. Beaucoup sont des cadres supérieurs, âgés de 30 à 39 ans…

Elsa Provenzano

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Bordeaux, 21 septembre 2011. - Le Miroir d'eau. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, 21 septembre 2011. - Le Miroir d'eau. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Selon les notaires Bordelais, 12 % des acquéreurs à Bordeaux en 2017 sont des Franciliens.
  • Parmi les nouveaux arrivants venus de l’île de France, des actifs plutôt cadres et cadres supérieurs mais aussi des retraités.
  • Cette population affectionne l’ouest de l’agglomération et délaisse la rive droite.

Fin octobre, quelques autocollants indiquant « Parisien rentre chez toi » ont lancé une polémique à Bordeaux. Quelques mois après la mise en service de la ligne à grande vitesse Bordeaux-Paris, l’accentuation de la montée des prix de l’immobilier a été en partie attribuée à l’arrivée de cette population au fort pouvoir d’achat.

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« Les Franciliens représentent 12 % des acquéreurs à Bordeaux en 2017 », annonce ce lundi la chambre des notaires de la Gironde, lors de la présentation annuelle de ses statistiques immobilières.

Bordeaux est maintenant un bassin d’emplois

Parmi cette population Francilienne, la Chambre relève que 42 % viennent de Paris et que la tranche d’âge la plus représentée est celle des 30 à 39 ans. Et 36 % de ces nouveaux arrivants sont cadres supérieurs.

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Maître Fabrice Gauthier, notaire à Bordeaux, distingue plusieurs catégories parmi ces nouveaux Bordelais : ceux qui sont d’origine girondine et viennent y passer leur retraite, ceux auxquels leurs employeurs proposent un pont d’or (exonération de frais d'agence, de notaires, de déménagement) pour intégrer le pôle aéronautique par exemple et ceux qui viennent « chercher des postes de direction et des jobs à haute plus value ». Alors qu’il y a dix ans, on doutait de la capacité de la ville à être pourvoyeuse d'importants volumes d'emplois, ce notaire estime que ce n’est plus vrai et qu’il y a notamment de vraies activités tertiaires attractives.

10 % des appartements les plus onéreux sont acquis par des Franciliens

Cette nouvelle population Francilienne affectionne la partie ouest de l’agglomération bordelaise, délaissant en particulier la rive droite car ce qui prime c’est la qualité des dessertes en transports en commun. « S’ils ont quitté la région Parisienne, ce n’est pas pour faire 1 h 30 de trajet le matin », lance maître Fabrice Gauthier. C’est aussi une clientèle attirée par les appartements neufs, un marché sur lequel ils représentent 30 % des acquéreurs quand leur part sur le marché des maisons anciennes s’élève à 10 %.

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Cette clientèle francilienne jouit bien d’un fort pouvoir d’achat, les notaires relevant que parmi les ventes les plus chères, la part des Franciliens y est plus élevée : ils acquièrent 10 % des appartements les plus onéreux. Dans cette nouvelle clientèle, les notaires précisent qu’il y a aussi de plus en plus d’étrangers, pas seulement des Anglais mais aussi des Russes, des Australiens etc.

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Avec une hausse de 12,1 % des prix sur les appartements anciens en un an, la capitale girondine se hisse au niveau de Nice et pourrait conforter cette place dans les années à venir. « Tous les clignotants sont au vert, estime Maître Edouard Bentejac, président de la Chambre des notaires de la Gironde. Il n’y a pas de raison que ça s’arrête : tant que la population augmente, les gens cherchent à se loger ». Il ajoute que ces chiffres « n’augurent pas un emballement de la machine immobilière ».

Les chiffres montrent néanmoins que les familles les plus modestes sont nombreuses à quitter l'agglomération pour se loger  en particulier dans le Nord Gironde, secteur sur lequel les prix sont les plus bas. Les prix médians des maisons anciennes sont par exemple de 199.000 euros sur Saint-André-de-Cubzac (+17,1 % par rapport à 2016) et de 163.500 à Libourne (+7,5 % en un an).