Bordeaux: «Des irrégularités, des inexactitudes mais pas d’insincérité», assure Juppé à propos des comptes de la Ville

FINANCES L’opposition municipale socialiste parle d' « emprunts fictifs pour dissimuler des déficits » décelés par la Cour régionale des Comptes alors qu’Alain Juppé reconnaît des irrégularités mais pas d’insincérité…

Elsa Provenzano
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Alain Juppé devant le pont de Pierre à Bordeaux, le 31 mars 2017
Alain Juppé devant le pont de Pierre à Bordeaux, le 31 mars 2017 — M.Bosredon/20Minutes
  • Le rapport de la Cour Régionale des Comptes était débattu ce lundi devant le conseil municipal de Bordeaux.
  • L’opposition socialiste reproche à la majorité d’avoir artificiellement gonflé ses recettes pour masquer des déficits budgétaires. Alain Juppé a récusé ses accusations, reconnaissant simplement des irrégularités.
  • Matthieu Rouveyre, élu socialiste, a proposé la tenue d’une commission d’information et d’évaluation sur les comptes de la Ville. Une hypothèse rapidement écartée par le maire de Bordeaux qui estime le travail de la Cour régionale des Comptes suffisant.

C’est ce lundi que le rapport de la chambre régionale des comptes sur les exercices 2010 à 2016 de la ville de Bordeaux, a été débattu devant le conseil municipal. Si pour l’opposition socialiste il s’agit d’une petite bombe qui dénote une mauvaise gestion financière, Alain Juppé, y voit des préconisations pour améliorer la gestion de la Ville.

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Emprunts fictifs ?

Matthieu Rouveyre, conseiller municipal socialiste n'a pas hésité à parler d'une pratique de « cavalerie budgétaire » à la lecture de ce rapport. Selon lui, la Ville a contracté des emprunts fictifs pour dissimuler la réalité financière de la ville et notamment son déficit.

« Deux offres bancaires ne revêtaient pas le caractère certain exigé par la réglementation pour être qualifiées de restes à réaliser. En les ôtant des recettes d’investissement, les résultats annuels de 2013 et 2015 deviennent déficitaires », écrit la Chambre dans son rapport. « Ces emprunts n’ont rien de fictifs, ils n’ont pas eu lieu, s’est agacé Alain Juppé en réponse à son opposant socialiste. Il y a peut-être eu des irrégularités, des inexactitudes mais pas d’insincérité, je ne peux pas laisser dire ça ».

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Selon l’opposition socialiste, en juin 2016, Alain Juppé avait présenté aux élus des ratios d’endettement faussés et avait inscrit illégalement une recette d’emprunt au compte administratif 2015, elle avait alors déposé un recours devant le tribunal administratif. « Vous vous plantez régulièrement dans vos recours », a commenté le maire de Bordeaux à l’adresse de Matthieu Rouveyre.

Des points à améliorer

Le maire de Bordeaux a reconnu des irrégularités : « la Chambre identifie des créances douteuses qu’on ne récupérera pas et nous incite à les passer en pertes et profits et il y a un contrôle insuffisant des régies qui sont, il est vrai, trop nombreuses. » Il a aussi admis que des avantages avaient été consentis au personnel municipal sans que le conseil en est délibéré. « Nous sommes en train de nous mettre en conformité avec les préconisations de la Chambre », a-t-il assuré.

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La maire de Bordeaux a aussi pointé les aspects positifs du rapport qui montre que la Ville est « bien organisée dans le suivi des associations et dans le contrôle des subventions apportées » et qu’elle a « une bonne connaissance de son patrimoine ». Il relève que l’exploitation des grands équipements sportifs (Patinoire, Vélodrome) est organisée de façon plus satisfaisante qu’avant et « il n’y a pas d’irrégularités dans le partenariat public-privé (PPP) de  la Cité Municipale ».

Matthieu Rouveyre a demandé le soutien d’une partie des élus de la majorité (l’opposition ayant trop peu d’élus) pour la mise en place d’une commission d’information et d’évaluation, afin de faire la lumière sur les comptes de la Ville. « Vous pensez qu’en scrutant les comptes de 2010 à 2016, la Chambre n’a pas fait la clarté ? », s’est étranglé Alain Juppé, dénonçant un « débat politique grotesque. »