VIDEO. Vœux du maire qui dégénèrent: «Je me suis trouvé confronté à une bande d'excités» estime Juppé

POLITIQUE Après une cérémonie des vœux aux habitants du quartier Saint-Augustin très houleuse, le maire de Bordeaux Alain Juppé est revenu sur l’extension du stationnement payant dans ce secteur extérieur aux boulevards…

Elsa Provenzano

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Les manifestants dénoncent une absence de concertation sur la question du stationnement payant à Bordeaux.
Les manifestants dénoncent une absence de concertation sur la question du stationnement payant à Bordeaux. — ABDRSPR
  • Samedi matin, Alain Juppé et l’adjoint au maire du quartier Saint-Augustin Jean-Louis David sont venus présenter leurs vœux aux habitants, très remontés contre la mise en place du stationnement résidentiel payant.
  • Les habitants mécontents ont hué et sifflé le maire et son adjoint, qui n’ont pas pu terminer leurs discours. Et un des manifestants est tombé à terre, après une altercation avec Jean-Louis David.
  • Alain Juppé rappelle ce lundi que l’objectif des mesures est de faciliter la vie des résidents du quartier en leur libérant des places sur la voirie.

« La concertation ça ne consiste pas à venir empêcher le maire de Bordeaux de s’exprimer dans une cérémonie de vœux, a lâché Alain Juppé, ce lundi, lors de la conférence de presse qui précède le conseil municipal, après les huées des habitants de Saint-Augustin quand il s'y est rendu samedi matin. Je me suis trouvé confronté à une bande d’excités qui est respectueuse de tout sauf des règles de la démocratie. »

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« Je refuse de me laisser faire parce que je suis élu »

Dans une vidéo tournée par l’association bordelaise de défense des résidents pour un stationnement payant raisonné, on y voit un manifestant tomber à terre après un échange vif avec le maire adjoint du quartier. « Je n’ai pas touché ce monsieur, qui est un agitateur toujours très théâtral dans ses propos, se défend Jean-Louis David. Je regrette de m’être emporté mais il était en train de m’insulter et je refuse de me laisser faire parce que je suis élu. » Alain Juppé a dénoncé des bobards parlant de « plusieurs centaines de manifestants », alors qu’il n’en a recensé que quelques dizaines et a aussi évoqué des tracts mensongers, évoquant un coût du stationnement à l’année de 5.000 euros. « Une faribole », selon le maire de Bordeaux.

Alain Juppé a expliqué que le but de sa politique en matière de stationnement était de lutter contre les voitures ventouses, en libérant des places pour les résidents, rappelant que « tout n’allait pas bien avant la mise en place de ces mesures ». Le macaron résident est de 15 euros par mois, un des plus bas de France selon la mairie, et « quand on l’a mis en place dans certains secteurs, les habitants des rues voisines venaient nous voir pour nous demander de l’étendre à leurs rues. » Il estime que c’est également une mesure favorable aux commerçants qui peuvent bénéficier de « la rotation des clients qui viennent s’approvisionner ».

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Quand les foyers ont besoin d’une deuxième voiture, le maire de Bordeaux reconnaît qu’il y a une difficulté, « mais deux macarons par foyer ce serait une tromperie car ce serait distribuer plus de macarons qu’il n’y a de places sur la voirie et ainsi faire payer les résidents sans qu’ils aient la certitude de trouver une place ». Il a énoncé des solutions pour développer l’offre de stationnement (parkings des supermarchés, plus de places que d’appartements dans les nouveaux programmes de centre-ville etc.)

« Un problème de santé publique »

Pour ceux qui viennent travailler dans le quartier, le maire de Bordeaux reconnaît qu’il n’y a « pas de solution magique » en répétant qu’il faut les inciter à ne pas prendre leurs voitures. « Il y a un problème de santé publique derrière, le niveau de pollution est en train malheureusement de rejoindre les niveaux parisiens, il y a un impératif à convaincre un plus grand nombre de personnes, sans exclusion. » Il a notamment vanté les mérites du covoiturage.

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Ce forfait post-stationnement, qui remplace l’amende depuis le 1er janvier, peut être minoré s’il est payé dans la journée par l’automobiliste, il passerait alors de 35 euros à 17 (l’ancien tarif). Alain Juppé pourrait décider de mettre en place cette mesure.

Il réunit les huit commissions permanentes des quartiers courant février pour faire un peu de « pédagogie et d’information » et pour rétablir la vérité, estime-t-il, sur ce dossier brûlant. A la Bastide et Caudéran, des mouvements d’opposition à la mesure ont aussi émergé ces derniers mois.