Bordeaux: «Le tourisme fluvial est une poule aux œufs d'or qu'il ne faut pas tuer», alertent des élus

ECONOMIE Les maires des communes concernées par le tourisme fluvial sur le bassin de navigation Gironde demandent à l’Etat d’abaisser les coûts de navigation, pour ne pas entraver le développement d’une filière en plein essor…

Elsa Provenzano
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La compagnie scnic est Australienne et dispose aussi de bateaux sur la Seine et le Rhône.
La compagnie scnic est Australienne et dispose aussi de bateaux sur la Seine et le Rhône. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Depuis plusieurs années le tourisme fluvial s’est développé sur le secteur de la Garonne, de la Dordogne et de l’estuaire de la Gironde, accueillant cinq compagnies fluviales.
  • Cette activité est fragile notamment parce que les coûts de navigation y sont très élevés.
  • Sur ce bassin de navigation, le nombre de paquebots fluviaux en circulation, six aujourd’hui, pourrait doubler, sous réserve d’un meilleur contexte réglementaire, selon les élus.

Certaines compagnies fluviales hésiteraient à se lancer sur le marché bordelais et celles déjà présentes à agrandir leur flotte car les frais de navigation sur le bassin Garonne, Dordogne et estuaire de la Gironde y seraient 20 % plus élevés qu’ailleurs. C’est le constat que font les maires de ce secteur, réunis ce mardi autour d’Alain Juppé, pour parler de l’avenir de cette filière, qui a pris un bel élan depuis plusieurs années.

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« Pourquoi le bassin de la Gironde est le plus cher de France ? »

Le principal obstacle à l’épanouissement de la filière serait les redevances élevées demandées aux armateurs. « Pour les bateaux de 135 mètres, les frais de pilotage annuels peuvent atteindre 175.000 euros », pointe Stéphan Delaux, adjoint au maire de Bordeaux en charge du tourisme. Ces frais que les armateurs doivent régler au port représenteraient jusqu’à la moitié des coûts de navigation pour un certain nombre de bateaux.

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Pour ces 135 mètres, les élus demandent qu’au moins sur certains tronçons de navigations (pour les liaisons à l’intérieur de Bordeaux, entre Bourg et Libourne etc.), il n’y ait pas obligation à recourir au service de pilotage. « Pourquoi le bassin de la Gironde est le plus cher de France ? C’est la question que nous posons au Grand Port maritime de Bordeaux et aux services de l’Etat », lance Philippe Buisson (PS) maire de Libourne. Il faut rappeler que la Garonne est un fleuve particulièrement difficile à naviguer et qu’il faut fréquemment le draguer

Alain Juppé va aussi porter une demande auprès du gouvernement pour obtenir un arrêté ministériel permettant aux embarcations d’aller jusqu’à Royan, situé à l’embouchure de l’estuaire de la Gironde, c’est-à-dire de sortir de la zone fluviale pour emprunter la zone maritime. Il espère que le dossier pourra avancer dans les trois prochains mois. Un meilleur balisage des ponts, notamment sur la Dordogne, est aussi demandé.

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Les villes prêtes pour un accroissement de l’activité

En attente de ces évolutions réglementaires, les différents maires des communes concernées ont déjà fait des investissements pour construire des pontons et ont prévu de les conforter. Sur ce bassin de navigation, le nombre de paquebots fluviaux en circulation, six aujourd’hui, pourrait doubler et « s’il y a 12 bateaux, tout le monde y trouvera son compte », estime Dominique Fedieu, maire (PS) de Cussac-Fort-Médoc.

Toutes les villes se disent prêtes à accueillir une montée en puissance de l’activité de tourisme sur le fleuve. La ville de Libourne a par exemple deux pontons dédiés aux paquebots fluviaux et un pour les bateaux de plaisance, pour lesquels elle a investi trois millions d’euros.