Bordeaux: Le pont de pierre va rester fermer aux voitures, au moins jusqu'à juin

CIRCULATION Alain Juppé a annoncé ce lundi que le comité de pilotage chargé de se prononcer sur l'expérimentation d'interdiction des véhicules à moteur sur le pont de pierre avait décidé de la prolonger jusqu'à l'été...

Elsa Provenzano
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Le pont de Pierre. Illustration.
Le pont de Pierre. Illustration. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • L'expérimentation d'interdiction de l'ouvrage aux véhicules à moteur a été prolongée jusqu'à juin.
  • Les commerçants ont manifesté vendredi pour demander une réouverture partielle du pont, pointant des baisses de leurs chiffres d'affaires.
  • En parallèle de la prolongation de l'expérimentation, des plans d'accompagnements pour fluidifier le trafic et améliorer les transports en commun sont lancés.

La situation est trop tendue, la décision a donc été repoussée. Alors qu’une manifestation réunissant commerçants, riverains et motards était organisée vendredi pour protester contre la fermeture du pont de pierre, le comité de pilotage chargé de suivre l’expérimentation lancée le 1er août 2017 d’une interdiction de circulation des véhicules à moteur sur l’ouvrage n’a pas tranché définitivement. Jusqu’à juin, date à laquelle une solution pérenne devait être prise, les véhicules motorisés ne pourront toujours pas emprunter ce franchissement de la Garonne.


Le comité de pilotage, qui réunit les élus concernés, les services de la métropole et l’agence d’urbanisme a estimé qu’il n’y avait pas de « solution totalement consensuelle » à ce stade, a rapporté Alain Juppé, président de la Métropole, notant que certains des commerçants souffraient de la fermeture mais que l’association Vélocité lui avait aussi adressé une pétition pour son maintien. Le sujet divise aussi les élus et la décision de prolongation de l’expérimentation n’a pas obtenu l’unanimité puisque deux maires ont voté défavorablement.

« Ce serait un mauvais signal d’abandonner cette mesure, estime Alain Juppé, alors que notre stratégie n’est pas de bannir les voitures du centre-ville mais de convaincre de plus en plus d’usagers d’emprunter d’autres modes de transports ». Il a rappelé que l’expérimentation avait vraiment favorisé les modes de déplacements doux, avec plus de 9.000 vélos par jour ouvré et une augmentation de la fréquentation par les piétons.


Des mesures pour améliorer le trafic

Dans ce but, des mesures pour fluidifier le trafic ont été annoncées pour une mise en œuvre à partir du printemps : le passage à deux fois quatre voies du pont François Mitterrand, en supprimant la piste cyclable en fin d’année 2018 et le réaménagement du carrefour du Belvédère, au débouché du pont Saint Jean, pour permettre une capacité d’écoulement du trafic de l’ordre de 400 véhicules « l’équivalent de la réouverture du pont de pierre à l’heure de pointe », précise la Métropole. Le parc relais Galin, qui permet aux personnes arrivant de l’extérieur de Bordeaux d’y poser leur voiture pour prendre le tram, va proposer 50 places supplémentaires et la ligne Citéis 45 va être prolongée.

Des annonces pour les commerçants de la Bastide

Après avoir consulté les bilans d’activités de plusieurs commerces et constaté qu’ils pâtissaient de la fermeture du pont, la métropole prévoit de permettre aux voitures de faire demi-tour sur la place Stalingrad, de créer des places de stationnements minute, de nouveaux arceaux à vélos et de proposer une exonération des droits de voirie à ceux qui souffrent le plus. Un programme d’animations sur la place Stalingrad et l’avenue Thiers devrait aussi être développé pour soutenir les commerces de proximité.

« A l’avenir, le pont de pierre n’a pas vocation à être une porte d’entrée dans Bordeaux », a souligné Alain Juppé, rappelant la mise en service du pont Simone Veil en 2020. L’été prochain, après un an de mise en place de l’expérimentation, on imagine donc mal la Métropole faire machine arrière sur cette mesure.