Nouvelle-Aquitaine: Pour les librairies indépendantes, l’union fait la force

ECONOMIE Jusqu’au 17 février, les libraires indépendants de la région Nouvelle-Aquitaine lancent une campagne « j’aime mon libraire indépendant », incitant leurs clients à écrire pourquoi ils tiennent à ce commerce de proximité…

Elsa Provenzano

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Un rayon BD jeunesse dans une librairie. (Illustration)
Un rayon BD jeunesse dans une librairie. (Illustration) — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Mettant en avant le conseil ou encore les rencontres proposées à leurs clients, les librairies indépendantes disent bien résister à la vente en ligne et aux grandes enseignes.
  • Elles ont mis en place une plateforme régionale d’ouvrages en 2014, sur laquelle les réservations doublent chaque année.

« C’est une chouette idée de permettre à nos clients de s’exprimer », commente Coline Hugel, gérante de la librairie La colline aux livres ouverte à Bergerac il y a 11 ans et présidente de l'association des librairies indépendantes de Nouvelle-Aquitaine. Jusqu’au 17 février, les 97 librairies adhérentes dans la région proposent pour la première année à leurs clients de leur écrire des mots doux, relatifs à ce qu’ils apprécient dans ce commerce de proximité.

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« Les lettres les plus touchantes, drôles ou surprenantes seront partagées sur les réseaux sociaux et affichées en librairies. Des cadeaux seront réservés aux auteurs des cinq lettres retenues », promet l’association, qui s’est inspirée d’une campagne lancée par des libraires des Hauts-de-France il y a deux ans.

L’objectif de cette opération est bien sûr de renforcer la relation privilégiée des libraires avec leurs clients, un des atouts majeurs de ces indépendants pour résister à la concurrence des mastodontes de la vente en ligne type Amazon ou aux grandes enseignes. Si le secteur du livre est en crise, les indépendants de Nouvelle-Aquitaine estiment bien résister. « Notre plateforme régionale en ligne, créée en 2014, double ses ventes chaque année, pointe Marion Ségot, responsable de la communication de l’association. On a atteint 127.000 euros de réservations en 2017 ».

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« Les gens ont des réticences sur les pratiques d’Amazon »

Les libraires qui ne « se replient pas sur eux-mêmes » et « changent de pratiques », c’est-à-dire animent leurs réseaux sociaux, organisent des rencontres d’auteurs ou des interventions pour les scolaires tirent bien leur épingle du jeu, selon l’association. « Et puis les gens ont maintenant des réticences sur les pratiques d’Amazon », estime Marion Ségot. Sur le territoire régional, il y a des ouvertures de librairies et certaines comme celles spécialisées dans les bandes dessinées, qui attirent une clientèle collectionneuse, ne désemplissent pas.

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L’association épaule ces commerces, dans lesquels les libraires travaillent seuls dans les plus petits d’entre eux, en organisant des mutualisations d’achats (sacs en tissu, supports imprimés, marque-pages, etc.), de formations, en les aidant à organiser des animations et en agissant pour que les tournées d’auteurs passent aussi par leurs boutiques. Les ventes de Noël ont été globalement satisfaisantes et c’est donc avec le sourire que la plupart des petits libraires abordent 2018.