Il faut sauver Santé navale

Marion Guillot - ©2008 20 minutes

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L'école du service de santé des armées (Santé navale), qui forme les médecins militaires depuis 120 ans, pourrait fermer ses portes. Jeudi dernier, le directeur central a confirmé qu'un projet de regroupement des écoles de Bordeaux et Lyon était envisagé pour des raisons budgétaires, lors d'une rencontre avec les responsables bordelais et l'Association des anciens élèves (Asnom). Pour le moment, Lyon part favorite. L'Asnom, qui n'est pas soumise au devoir de réserve, tire la sonnette d'alarme : « Ici, c'est le meilleur site, car dans trois ans, la durée de la formation passera de six à trois ans, explique le président de l'Asnom, Jean-Claude Cuisinier-Raynal. Santé navale ne formera plus que 350 élèves et le site de Lyon serait disproportionné et beaucoup plus coûteux. » La capitale girondine possède également « des atouts scientifiques », du fait des liens étroits créés avec l'université de Bordeaux-2. « La ville est à la pointe en médecine tropicale et la proximité avec l'hôpital militaire Robert-Piqué est une chance », soutient le président de l'association. Le maire UMP de Bordeaux Alain Juppé et la députée PS Michèle Delaunay soutiennent d'ores et déjà la cause des navalais, sans oublier les 80 civils dont l'emploi serait menacé. Mais le temps est compté : dans trois semaines, le ministère de la Défense publiera un livre blanc destiné à réorganiser la Défense et la Sécurité nationale. « Il faut que Bordeaux y figure comme une option à retenir », insiste l'Asnom.