Tempêtes sur le littoral aquitain: La côte plutôt épargnée par l'érosion

ENVIRONNEMENT Le recul du trait de côte a atteint de 2 à 7 mètres par endroits en ce début d’année. Une érosion qui n’est pas hors normes, selon les spécialistes…

Elsa Provenzano

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Le secteur de Soulac sur mer a été l'un des plus fortement touché par les tempêtes hivernales.

Le secteur de Soulac sur mer a été l'un des plus fortement touché par les tempêtes hivernales. — ONF

  • Les trois tempêtes hivernales (Bruno, Carmen et Eleanor) ont eu des impacts mesurés sur le trait de côte aquitain.
  • Les secteurs les plus touchés ont été Soulac-sur-mer, la pointe du Cap-Ferret et la Teste de Buch.
  • Des reculs localisés de 5 à 7 mètres ont eu lieu dans des endroits déjà identifiés comme fragiles.
  • Les collectivités sont mieux préparées à ces intempéries hivernales, mettant en place des actions préventives (rechargement en sable, muret etc.)

Fin décembre les tempêtes Bruno, puis début janvier Carmen et Eleanor ont déferlé sur la France, avec des effets mesurés sur le littoral aquitain. « On est dans la normalité, cela n’a rien à voir avec les tempêtes de 2013/2014, assure Cyril Mallet ingénieur au sein de l'Observatoire de la Côte Aquitaine. On observe des reculs localisés de 5 à 7 mètres à des endroits identifiés comme fragiles ». Des pointes de vent à 132 km/h ont été enregistrées à la Teste-de-Buch et des vagues d’une hauteur de 9 mètres ont aussi été observées.

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Des opérations de ré-ensablement avaient été menées sur la Pointe du Cap Ferret.
Des opérations de ré-ensablement avaient été menées sur la Pointe du Cap Ferret. - ONF

Des communes mieux préparées aux intempéries

Sur la côte sableuse girondine, les érosions les plus marquées ont été observées sur les communes de Soulac-sur-Mer, Lège-Cap-Ferret et La Teste-de-Buch, avec des reculs observés de 2 à 7 mètres, contre 20 à 40 mètres après les intempéries de 2013/2014.

Sur le bassin d’Arcachon, entre la Corniche et la Salie Sud, le recul du trait de côte varie de 1 à 5 mètres et les stocks de sable ont fortement diminué.

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Sur la Pointe du cap-ferret, un recul de 5 à 13 mètres a été observé après la tempête Carmen. La Ville de Lège-Cap-Ferret, conseillée par l’observatoire de la Côte Aquitaine, a rechargé en sable ce secteur à la fin du mois de décembre, diminuant les effets négatifs de la dernière tempête Eleanor, survenue début janvier.

Sur la côte sableuse, le recul du trait de côte a été de 2 à 7 mètres selon les secteurs contre 20 à 40 mètres en 2013/2014.
Sur la côte sableuse, le recul du trait de côte a été de 2 à 7 mètres selon les secteurs contre 20 à 40 mètres en 2013/2014. - ONF

Et ce n’est pas la seule commune à prendre des initiatives en la matière. Andernos a par exemple construit un muret et Biarritz a fermé tous les accès aux plages à marée haute, les retravaillant à marées basses. « Il y a eu une grande évolution depuis 2013/2014 », assure Cyril Mallet, précisant que l’observatoire échange avec les communes pour les aider à protéger en amont leur façade côtière. « L’accompagnement s’affine mais ceci étant dit, avertit Vital Baude, délégué au littoral de la région Nouvelle-Aquitaine, globalement on doit se préparer à une multiplication de ce type de phénomène,voué à devenir plus intense et plus fréquent ».

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L’Observatoire reste actuellement en alerte puisqu’on se trouve dans un système dépressionnaire. « On est en particulier vigilants sur les successions d’intempéries dans des délais très courts et lors de forts coefficients de marée », précise l’ingénieur.

Les priorités de la Région

Sur le long terme, la région Nouvelle-Aquitaine privilégie les protections souples et les relocalisations du bâti menacé par l'érosion. « On préfère relocaliser plutôt que protéger avec des équipements en dur, dont l'efficacité pourrait être mise à mal et qui couteraient chers rapidement », souligne l’élu.

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Alors que ce vendredi, le conseil d’Etat se prononce sur l’indemnisation demandée par les copropriétaires du Signal, cet immeuble devenu l’emblème de l’érosion du littoral Aquitain, l’élu régional se dit favorable à une évolution législative permettant aux constructions menacées par l’érosion dunaire d'être éligibles au fonds Barnier