Bordeaux: En difficulté, l'affineur Jean d'Alos veut se relancer avec une cave virtuelle

COMMERCE Placée en redressement judiciaire depuis le 3 janvier 2018, l'entreprise haut de gamme du fromager-affineur Jean d'Alos, veut en profiter pour investir la vente en ligne et se concentrer sur le marché européen à l'export...

Elsa Provenzano

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Les caves Jean d'Alos sont situées dans le quartier des Grands Hommes, à Bordeaux.
Les caves Jean d'Alos sont situées dans le quartier des Grands Hommes, à Bordeaux. — Jean d'Alos
  • Le tribunal de commerce de Bordeaux a accepté le 3 janvier 2018 la demande de redressement judiciaire de la société Jean d’Alos demandée par Clarence Grosdidier, gérant de l’entreprise.
  • La flambée des prix de l’immobilier dans le centre historique de Bordeaux où est située la boutique principale, l’installation de nombreux crémiers et des difficultés à l’export de fromages au lait cru vers le marché américain en raison des normes sanitaires, expliquent la situation financière délicate de l’entreprise.
  • Clarence Grosdidier réinvestit un million d’euros dans la société Jean d’Alos et veut développer la vente en ligne, des corners au centre-ville, et se concentrer sur le marché européen à l’export.

En ce début d’année, Jean d’Alos est en difficulté et veut rebondir. La société de fromager-affineur haut de gamme dont la principale activité est la vente au détail fait elle aussi les frais de l’explosion des prix dans le centre historique de Bordeaux. Le loyer annuel pour son siège historique, installé rue Montesquieu dans le quartier des Grands-Hommes, a presque doublé en seulement deux ans. C’est une des raisons qui explique son placement en redressement judiciaire le 3 janvier dernier par le tribunal de commerce de Bordeaux.

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Elle a aussi dû faire face à une concurrence accrue puisqu’en cinq ans le nombre d’enseignes de crémerie a été multiplié par dix sur l’agglomération bordelaise. La multiplication des normes sanitaires pour accéder au marché américain met en difficulté la société qui vend 200 sortes de fromages fermiers au lait cru sélectionnés auprès de 70 agriculteurs français et affinés dans ses caves du XVIIIe siècle, à Bordeaux et dans les Pyrénées. 

Vers la vente en ligne

Clarence Grosdidier, investisseur dans les secteurs de l’immobilier, de l’hébergement et de la viticulture via sa société CG Finance, a repris l’entreprise en 2009. Aujourd’hui il réinvestit un million dans la société dans le cadre d’un plan de sauvetage.

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« On va mener un repositionnement pour la vente au détail, explique Clarence Grosdidier, gérant de la société Jean d’Alos depuis 2009. Trois corners vont ouvrir assez vite dans le centre, ils feront entre 20 et 30 m2 et on prépare une boutique virtuelle, assez complexe à mettre au point techniquement, qui ouvrira avant Noël 2018 ». Les corners vont permettre d’accompagner le développement du nouveau modèle de vente en ligne. « Ce sera une vraie boutique virtuelle, c’est-à-dire qu’on aura l’impression de rentrer dans une cave », promet le gérant.

ll le souligne, c’est essentiellement la vente auprès des particuliers qui est repensée, sans toucher au cœur du métier : l’affinage de produits fermiers. Et la vente auprès des restaurateurs est, elle, en plein essor avec une croissance de 12 % en 2017. 

Devant les difficultés d’export sur le marché américain, l’enseigne compte aussi se concentrer sur des exportations vers l’Europe. Deux recrutements vont être réalisés pour venir renforcer l’équipe des quatre salariés actuels, notamment pour proposer des événements éphémères visant à promouvoir le fromage, en lien avec le vin.

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La société Jean d’Alos va bénéficier de l’assistance du pôle d’expertise de CG Management, organe managérial du groupe CG Finance pour mener à bien sa relance espérée d’ici 2020.