Gilbert Gruss : «Un cirque sans animaux, ce n'est plus un cirque»

INTERVIEW Le directeur du cirque Arlette Gruss, qui s'installe pour un mois à Bordeaux, défend la place des animaux dans ses spectacles...

Mickaël Bosredon

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Dernières répétitions pour les chevaux avant la grande première du cirque Arlette Gruss, le 11 janvier 2018 à Bordeaux.
Dernières répétitions pour les chevaux avant la grande première du cirque Arlette Gruss, le 11 janvier 2018 à Bordeaux. — M.Bosredon/20Minutes

Le cirque Arlette Gruss plante sa tente à partir de ce jeudi pour un mois sur la place des Quinconces à Bordeaux. Cirque traditionnel, il revendique la présence d’animaux dans ses spectacles, alors que le débat sur le bien-être animal n’a jamais été aussi vif.

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Eléphants, chevaux, tigres, chameaux… En tout, 32 animaux composent la ménagerie. 20 Minutes a interviewé deux des responsables du cirque, le directeur Gilbert Gruss et son père Georgika Kobann, ancien dompteur de fauves.

Tigres, éléphants, chevaux... Le cirque Arlette Gruss possède 32 animaux dans sa ménagerie.
Tigres, éléphants, chevaux... Le cirque Arlette Gruss possède 32 animaux dans sa ménagerie. - M.Bosredon/20Minutes

 

Vous êtes sensible au débat sur la place des animaux dans les cirques ?

G.G. : Bien sûr. Mais c’est une toute petite minorité qui conteste la présence d’animaux dans notre cirque. On a déjà eu quelques manifestants, et les gens qui viennent voir le spectacle les poussent en leur disant qu’ils viennent voir des animaux, parce qu’ils savent qu’ici ils sont bien traités. D’ailleurs au début du spectacle il y a un petit film explicatif pour notre public.

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Pour vous, les animaux ont toujours leur place dans les cirques ?

G.G. : Tout à fait. Le cirque sans animaux ce ne sera plus du cirque. Si on retire les animaux, les cirques s’arrêteront, et on ne verra plus que de vieux spectacles à la télé.

Que pensez-vous des villes qui commencent à interdire les cirques avec animaux ?

G.G. : Elles se mettent le doigt dans l’oeil, car c’est interdit d’interdire. Et chaque fois qu’une ville interdit elle perd le procès, et elle est obligée, in fine, d’accepter le cirque avec animaux. Tant que M. Macron n’aura pas décidé que c’est fini, il y aura des animaux dans les cirques. Nous, on fait tout pour que cela se poursuive. On a 25 hectares de parc animalier dans la Sarthe où nos animaux vivent en totale liberté. Un animal au cirque Arlette Gruss va faire entre 5 et 8 ans, et après il sera en retraite toute la fin de sa vie dans ce parc. Et le public ne peut pas y accéder. C’est un lieu de fin de vie pour nos animaux. Les gens de cirque ont des animaux parce que c’est la famille. On vit avec, on grandit avec, comme eux grandissent avec nous. Lorsqu’on arrive sur un nouvel emplacement de ville, la première chose que l’on fait c’est installer nos tentes pour nos animaux. Et ici on ne parle pas de dressage, on éduque nos animaux.

G.K. : Quand un animal donne des signes de fatigue, il part à la retraite dans notre parc. On ne le tue pas, on ne l’euthanasie pas, on le nourrit et on le soigne jusqu’à sa mort.

Pour le cirque Arlette Gruss,
Pour le cirque Arlette Gruss, - M.Bosredon/20Minutes

Mais est-ce que dans le milieu du cirque, vous reconnaissez qu’il existe des dérapages ?

G.G. : Bien sûr. C’est pour ça que je dis depuis des années aux différents ministères, de ne pas interdire, mais de créer une commission anonyme, qui viendrait dans les cirques, qui visiterait les zoos, et qui mettrait en place des critères tellement durs que seuls ceux qui permettent de donner de bonnes conditions de vie aux animaux en obtiendraient. Là, oui.

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G.K. : La France est l’un des meilleurs pays pour la protection des animaux. Il faut un certificat de capacité pour détenir certaines espèces d’animaux, on a des contrôles vétérinaires, de tous les services. On a des registres animaliers pour les animaux qui entrent. Moi-même je fais partie au ministère de l’Environnement de la section qui délivre les certificats de capacité, avec des scientifiques et des gens de zoo… Et ces certificats peuvent être retirés à tout moment, au moindre signe de maltraitance.