Bordeaux Métropole Arena: «Depeche Mode qui monte sur scène, ce sera l'aboutissement de cinq années de travail»

INTERVIEW Le directeur général de Bordeaux Métropole Arena, Jérôme Langlet, évoque la nouvelle salle de spectacles qui sera inaugurée le 24 janvier avec le concert de Depeche Mode...

Propos recueillis par Mickaël Bosredon

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Jérôme Langlet, président de lagardère Live Entertainment, et directeur général de la Bordeaux Métropole Arena.
Jérôme Langlet, président de lagardère Live Entertainment, et directeur général de la Bordeaux Métropole Arena. — Studio Ledroit-Perrin
  • Lagardère Live Entertainment sera l’exploitant de Bordeaux Métropole Arena.
  • La nouvelle salle de spectacles bordelaise pourra recevoir jusqu’à 11.300 spectateurs.
  • Quelque 63 spectacles sont déjà programmés en 2018.

Bordeaux Métropole Arena, dont la construction s’est achevée fin 2017, sera inaugurée le 24 janvier. Exploitée par le groupe Lagardère Live Entertainment, elle devrait accueillir une centaine de spectacles par an. Interview du président du groupe et directeur général de la salle, Jérôme Langlet.

La Bordeaux Métropole Arena aura une jauge modulable, comprise entre 2.000 et 11.300 places.
La Bordeaux Métropole Arena aura une jauge modulable, comprise entre 2.000 et 11.300 places. - Philippe Caumes

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Où en est-on de la programmation de Bordeaux Métropole Arena pour 2018 ?

On en est à 63 concerts mis en vente à ce jour, dont dix sont d’ores et déjà complets, et plus de 180.000 billets vendus. On en a neuf (Depeche Mode, Indochine, Imagine Dragons, Orelsan, Lenny Kravitz…) qui se feront à jauge maximum, qui est de 11.300 personnes, dont 5.800 assis et 5.500 debout. Et la salle est en capacité de recevoir tout type de spectacle. On a prévu d’en accueillir une centaine en moyenne par an, nous allons donc encore annoncer des spectacles pour 2018.

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Comment est-ce que l’on construit une programmation pour une année entière, et particulièrement l’année de l’ouverture d’une salle ?

Cela n’a pas été spécialement compliqué, car beaucoup de choses jouent en notre faveur. Quand il y a une nouvelle salle, il y a un appétit des artistes et des producteurs, mais aussi du grand public, de la découvrir. La deuxième chose c’est la ville et la région, qui sont très attractives. Ce qui a été plus délicat, c'est qu'une programmation se construit toujours un an, un an et demi en amont, ce qui veut dire qu’il a fallu commencer à travailler bien avant l’ouverture. Il a donc fallu mettre en vente des spectacles avant même de savoir si on allait pouvoir tenir les délais de construction. Mais à un moment donné, soit on attend, et on a une salle qui est livrée sans spectacle pendant six mois ou un an, soit on se dit qu’on a confiance dans les partenaires qu’on a choisis. A l’arrivée, on a eu raison de le faire mais c’était quand même un pari.

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Sur le choix des artistes, certains - notamment les Français - ont programmé une tournée dans toute la France, dont Bordeaux, et là notre rôle est de les rassurer dans leur choix. Mais il nous fallait aussi faire venir de très grandes stars internationales, car c’est cela qui va donner la couleur d’une salle. Quand Depeche Mode fait une seule date en France, en dehors de Paris et hors festival, on est en compétition avec d’autres villes, et là c’est notre rôle de donner envie à cet artiste de venir à Bordeaux. C’est pareil pour Lenny Kravitz, Imagine Dragons ou le Cirque du Soleil, qui ne vont faire que deux, trois ou quatre dates en France.

Quelles sont les qualités spécifiques de cette salle ?

Là où on peut faire vraiment la différence, c’est sur la modularité de la salle, pour pouvoir faire venir des spectacles au potentiel de 2.000 personnes comme de 11.300 personnes. Cela nous permet d’accueillir des humoristes comme de très grandes stars internationales. Par ailleurs, c’est la première fois qu’un exploitant est maître d’ouvrage d’une salle. Mon cahier des charges c’était de faire en sorte que l’artiste soit bien accueilli ici, donc que les loges soient les plus confortables et les plus pratiques possible. On a fait aussi en sorte qu’il y ait une bonne acoustique. Il fallait que la salle soit facile, et accessible budgétairement aux producteurs : il a donc fallu prévoir qu’en fonction des jauges il n’y ait pas trop d’accès dans la salle, pour optimiser les coûts de personnels. On a pensé pour les partenaires à faire des salons haut de gamme avec des prestations VIP. Et pour le grand public, on a voulu faire un bel objet architectural, c’est pour cela qu’on a fait appel à Rudy Ricciotti. Et on a fait en sorte que l’expérience commence avant et dure après le spectacle, avec des bars notamment. Aujourd’hui, on est très contents, c’est une très belle salle.

Comment est-ce que vous vous préparez à ce fameux concert inaugural du 24 janvier de Depeche Mode ? Vous n’êtes pas trop stressé ?

Paradoxalement on a hâte et on est plutôt sereins. Là où on était plus en risque c’était sur la partie conception car ce n’est pas notre métier. Mais là, recevoir Depeche Mode et accueillir du public c’est notre cœur de métier. Le moment très, très fort, ce sera le "noir salle", quand tout le monde sera à l’intérieur, et que Depeche Mode va monter sur scène. Ce sera l’aboutissement de presque cinq années de travail.

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Lagardère Live Entertainment gère combien de salles à ce jour ?

Lagardère Live Entertainment est une société créée il y a bientôt six ans. Nous avons deux activités : on produit des spectacles et on gère des salles de spectacles. On a produit Phill Collins, la tournée de Florent Pagny ou la comédie musicale Les Choristes. Concernant nos salles, on gère les Folies Bergères, le Bataclan, la Casino de Paris, on est actionnaire du Zénith de Paris, et on gère aussi l’Arena d’Aix-en-Provence.