Bordeaux: Les éleveurs girondins vont retrouver un abattoir sur la métropole

EQUIPEMENT Le dernier abattoir de la métropole de Bordeaux avait fermé en 2011. Ce jeudi est posée la première pierre d’un équipement qui viendra le remplacer fin 2018, à Bègles…

Mickaël Bosredon

— 

Des éleveurs discutent à côté d'un boeuf de Bazas à l'occasion de la fête des Boeufs gras de Bazas le 12 février 2015
Des éleveurs discutent à côté d'un boeuf de Bazas à l'occasion de la fête des Boeufs gras de Bazas le 12 février 2015 — Nicolas Tucat AFP
  • Cet équipement servira le groupement des éleveurs girondins, qui réunit 150 éleveurs du département.
  • Depuis 2011, ils étaient contraints d’amener leurs bêtes jusqu’à Bergerac en Dordogne.
  • Cet outil moderne comptera aussi un magasin de vente en direct, un drive et une unité de production de steaks hachés sous vide.

Cela fait cinq ans qu’ils attendent ce moment. Ce jeudi est posée la première pierre du futur abattoir de proximité des éleveurs girondins, à Bègles. Cinq ans après le dépôt du permis de construire. Mais pour diverses raisons, le dossier a traîné en longueur, et n’aboutit enfin que fin 2017.

>> A lire aussi : Trajets trop longs, camions surchargés, abreuvoirs défaillants… Le transport, l’autre calvaire des animaux

Cet équipement va permettre au groupement des éleveurs girondins (GEG), une coopérative qui réunit 150 éleveurs d’ovins et de bovins du département, de disposer, à partir de l’automne 2018, d’un abattoir au plus près de sa zone de commercialisation. Essentiel, quand on sait que ces éleveurs se sont engagés dans une démarche « de la fourche à la fourchette. »

Quelque 650 tonnes de viande par an

« Depuis 2011 et la fermeture du dernier abattoir de Bordeaux, nous sommes contraints d’amener nos bêtes à Bergerac (Dordogne) pour l’abattage, et de ramener la viande en Gironde. Cela représente beaucoup de camions sur la route. Là, nous allons enfin bénéficier d’un abattoir sur notre zone de production et de distribution », explique Philippe Nompeix, directeur général du groupement des éleveurs girondins.

>> A lire aussi : Le bœuf et l'éthanol d’Amérique du Sud menacent-ils les agriculteurs français?

Cet abattoir pourra traiter 650 tonnes de viande par an, et monter jusqu’à 800 à 900 tonnes si nécessaire. Des volumes qui sont « sécurisés à 90 % » par le groupement des éleveurs girondins. « Mais l’équipement sera aussi ouvert à des éléveurs indépendants, ou des bouchers abatteurs », précise Philippe Nompeix. La viande sera, elle, écoulée notamment auprès des propres boucheries des éleveurs girondins, qui en compte une trentaine dans le département à ce jour.

Salle de découpe, magasin de vente, drive et fabrication de steaks hachés

Quelque 1.400 m2, sur les 1.700 m2 de l’équipement, seront réservés à l’abattage. Une surface de 300 m2 sera dédiée à une salle de découpe et un magasin de vente en direct avec un drive permettant de payer en ligne. Une unité de fabrication de steaks hachés sous vide – une première en Gironde – sera également créée, « pour essayer de vendre ce produit auprès des écoles et des collectivités ».

« La consommation de viande en France stagne, voire diminue, sauf le steak haché, explique Philippe Nompeix, c’est pourquoi nous voulons nous positionner dessus, en proposant un produit de qualité étiqueté éleveurs girondins. » Et qui n’a pas voyagé.

Cette unité va, également, mettre en place « des pratiques d’abattage respectueuses de l’animal ». L’investissement pour cet équipement est de 4 millions d’euros financé en grande partie par les éleveurs girondins, et soutenu à hauteur de 350.000 euros par la région Nouvelle-Aquitaine.