Dans la pénombre des vestiaires

Marion Guillot

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Esprit sain dans un corps sain, sens de l'effort et du collectif... Si le milieu sportif véhicule des valeurs positives, il n'est pas pour autant préservé de certains abus comme le dopage ou... les violences sexuelles. Peu étudiées jusqu'ici, elles concerneraient près d'un jeune sportif sur trois. C'est ce que révèle une étude menée actuellement en Aquitaine par le centre d'accompagnement et de prévention pour les sportifs (Caps).


Créé en 2001 au CHU de Bordeaux et unique en France, cet établissement spécialisé dans la psychopathologie du sport s'intéresse notamment aux problèmes de santé des sportifs de haut niveau. C'est ainsi que l'étude sur les violences sexuelles lui a été confiée en septembre dernier par la ministre de Santé, de la Jeunesse et des Sports, Roselyne Bachelot.

Greg Décamps, maître de conférence en psychologie du sport et de la santé à l'université de Bordeaux-2, qui avait déjà travaillé sur le sujet, ainsi que Sabine Afflelou, psychiatre et praticien hospitalier au Caps, vont s'efforcer de recueillir un maximum d'éléments d'ici à septembre prochain. « C'est vrai qu'il peut y avoir des situations ambiguës dans les douches ou dans les rapports avec les entraîneurs », reconnaît Aurélie, jeune professeur d'éducation physique formée au Staps de Bordeaux. «Mais le harcèlement reste très rare».

Un plan de prévention a néanmoins été lancé par le ministère, après la publication en mai 2007 de «Service volé», le livre de l'ancienne joueuse de tennis Isabelle Demongeot. Les sportifs ayant subi des violences peuvent déjà appeler le «08 Victimes»: 08 842 846 37 (coût d'un appel local).