Bordeaux: La robotisation en marche dans les entrepôts de Cdiscount

E-COMMERCE Le géant français Cdiscount, qui possède les plus grands entrepôts du e-commerce français à Cestas en Gironde, teste plusieurs innovations qui doivent permettre, notamment, de densifier le stockage et de réduire la pénibilité de ses collaborateurs…

Mickaël Bosredon

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L'entrepôt Cdiscount de Cestas (Gironde), plus grand entrepôt d'ecommerce en France.
L'entrepôt Cdiscount de Cestas (Gironde), plus grand entrepôt d'ecommerce en France. — M.Bosredon/20Minutes
  • Un nouveau robot est capable de multiplier par cinq le nombre de références stockées dans l’entrepôt.
  • Cdiscount teste déjà un bras articulé avec des ventouses pour aider à la manipulation des gros colis.
  • L’entreprise bordelaise innove aussi en matière de livraison et travaille déjà sur le drone.

Rapidité, densité, pénibilité. Ce sont les trois maîtres mots de Cdiscount, le géant du e-commerce français basé à Bordeaux, et qui possède plusieurs entrepôts de stockage, sur 108.000 m2 au total, à Cestas. L’entreprise a présenté mardi à Alain Juppé ses innovations en matière de robotique, qui doivent lui permettre de franchir encore un cap ces prochaines années.

Alain Juppé a visité les entrepôts de Cdiscouent à Cestas avec les responsables de l'entreprise, le 12 décembre 2017.
Alain Juppé a visité les entrepôts de Cdiscouent à Cestas avec les responsables de l'entreprise, le 12 décembre 2017. - M.Bosredon/20Minutes

Une machine « trois dimensions » permet déjà de réduire les emballages de 30 %, en s’adaptant au colis à empaqueter. Des chariots automatisés ont permis de réduire les distances parcourues par les collaborateurs, et d’accélérer la traversée de l’entrepôt des produits.

Un nouveau système exploité par Cdiscouent permet une optimisation du remplissage des camions.
Un nouveau système exploité par Cdiscouent permet une optimisation du remplissage des camions. - M.Bosredon/20Minutes

« Les robots ne remplaceront pas l’homme »

Mais le nerf de la guerre aujourd’hui pour Cdiscount, c’est la densification de ses entrepôts. Pour cela l’entreprise teste avec la start-up Exotec un nouveau robot capable de multiplier par cinq le nombre de références stockées, en entreposant des produits jusqu’à dix mètres de haut. Et c’est le robot qui va chercher ou qui dépose lui-même les produits dans les étagères.

Ce qui amène au dernier challenge pour Cdiscount : réduire la pénibilité. « Sur un de nos bâtiments on a des colis entre 15 et 30 kg. En ce moment, nous testons un système de ventouse avec un bras articulé capable d’accompagner le collaborateur, ce qui divise par dix sa pénibilité. Ce sera notre prochaine innovation l’année prochaine » explique Pierre-Yves Escarpit, directeur des opérations. Qui ajoute que « les robots ne remplaceront pas l’homme, ils l’accompagneront sur des tâches répétitives. Sur Cestas l’an dernier, on a augmenté de plus de 30 % notre effectif. »

Quelque 10.000 colis Playmobil expédiés rien que sur la journée de lundi

Pour la préparation des fêtes de fin d’année, Cdiscount a même triplé ses effectifs pour arriver à 2.300 collaborateurs. « Et depuis le 15 novembre, nos entrepôts ne ferment plus, on travaille 24/24 h et 7/7 jours. » Un espace de 6.000 m2 est même réservé… uniquement aux produits Playmobil. « Lundi, on a expédié 10.000 colis Playmobil dans la journée. »

Et l’entreprise affole les compteurs. « Le jour du Black Friday nous avons fait 43 millions d’euros de chiffre d’affaires (+ 80 % par rapport à 2016). Nous avons eu 7,5 millions de personnes sur notre site dans la journée. Un foyer sur trois a visité le site Cdiscount le jour du Black Friday ! », se félicite Pierre-Yves Escarpit.

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Cdiscount réalise quelque 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an. Mais aussi un milliard d’euros avec le «marketplace». Lancée en 2014, cette activité fonctionne tellement bien que l’entreprise a ouvert en août dernier un nouvel entrepôt, à Canéjan, entièrement consacré aux produits des 10.000 vendeurs qui travaillent avec Cdiscount. « Nous sommes prestataire logistique pour ces vendeurs : ils stockent chez nous, on prépare les produits, et on les expédie. En 2014 on leur avait réservé une cellule de 6.000 m2. A Canéjan nous pensions être tranquilles avec 11.000 m2. Mais il s’est rempli en trois mois. Il va donc falloir refaire de la place sur Cestas pour les héberger et permettre au marketplace de passer à 15.000-20.000 m2. »

Des livraisons de plus en plus rapides

En dehors de l’entrepôt, Cdiscount travaille d’arrache-pied sur un autre sujet majeur : la livraison. « Aujourd’hui on livre le jour même. De Cestas sur Bordeaux, mais également de Cestas sur Paris en utilisant la LGV : les Parisiens qui commandent avant midi voient leurs produits sortir de l’entrepôt à 14 h. Ces derniers prennent le TGV de 16h02 et ils arrivent à 18 h à Montparnasse. Et entre 19h et 22h, Chronopost livre nos produits. On est assez fiers de la mécanique car on travaille avec deux grands groupes français, la SNCF et La Poste. »

Depuis quelques semaines, « les produits entreposés en Ile-de-France à Réault [Seine-et-Marne] peuvent, eux, être livrés le jour même à Lyon et Lille, et ce sera également le cas à partir de janvier pour Bordeaux, Marseille, Strasbourg, et un peu plus tard à Nantes et Rennes. Nous avons travaillé avec la SNCF pour réserver les motrices des TGV pour livrer les clients le soir-même. »

Le drone, pour récupérer un petit colis une heure après la commande

Enfin, la question de la livraison par drone est aussi dans les tuyaux. « On ne raconte pas qu’on va livrer sur les balcons des clients, mais nous travaillons avec Relais-Colis, pour tester les livraisons par drone dans des points-retraits. Sur Bordeaux, nous avons rencontré le patron de la DGAC avec qui on regarde ces sujets là pour sécuriser les vols. Nous recherchons un taux de fiabilité excellent, au-delà de l’aviation civile. On vise un taux d’un problème sur un milliard d’heures de vols. »

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Qui plus est, « nous allons essayer de ne pas traverser les habitations, mais la Garonne, pour arriver sur un point retrait proche du fleuve. Le but c’est que nos clients qui commandent un smartphone ou un petit produit de ce type, puissent avoir l’objet disponible en une heure dans un point retrait à proximité de chez eux. »