Bordeaux: Davantage de caméras vont verbaliser les infractions routières

SECURITE Le centre de vidéoprotection urbaine de la ville de Bordeaux, récemment modernisé, a été officiellement inauguré ce mardi par Alain Juppé et le préfet, qui vient de signer des arrêtés pour étendre les zones de vidéo verbalisation…

Elsa Provenzano

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Les 18 agents se relaient pour assurer une veille permanente au sein du centre.
Les 18 agents se relaient pour assurer une veille permanente au sein du centre. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Le centre de vidéo protection urbaine de la ville de Bordeaux a été agrandi et les 18 agents qui s'y relaient en continu disposent de 18 écrans permettant l’affichage de 162 caméras au total.
  • Quatre nouveaux secteurs vont faire l’objet d’une couverture par de la vidéo verbalisation à Bordeaux, permettant d’identifier des auteurs d’infractions au Code de la route.
  • La police municipale estime que ce centre fait partie des outils indispensables à la prévention et la répression de la délinquance.

Face aux quatre agents présents ce mardi au sein du centre de vidéoprotection urbaine, un mur de 18 écrans nouvellement installés, permettant l’affichage des données de 162 caméras positionnées dans les rues de la ville.

Ce centre vient d’être agrandi, passant de 50 à 130 m2, et modernisé pour un montant de 500.000 euros déboursé par la municipalité. Il a été inauguré ce mardi par Alain Juppé, maire de Bordeaux, et Didier Lallement, nouveau préfet de la Gironde, qui a annoncé avoir signé les arrêtés autorisant des caméras de vidéo verbalisation dans quatre nouveaux secteurs, à cette occasion.

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1.700 infractions relevées en 2017

Depuis l’été 2016, la vidéo verbalisation (qui permet de repérer les infractions au Code de la route comme les excès de vitesse et le stationnement gênant) était installée sur les secteurs de la gare/Paludate et de Bordeaux-Maritime. Prochainement, elle sera étendue aux périmètres Victoire, centre-ville, Quinconces et Garonne/Bassins à flot.

Dans ce centre, 18 agents, encadrés par deux personnes, se relaient en continu depuis la création d’une astreinte en 2010. Ils peuvent être jusqu’à neuf agents pour les événements sur lesquels la fréquentation est accrue comme la fête de la musique ou la fête du vin, par exemple. A noter que les fenêtres de logements privés et tout ce qui ne fait pas partie de l’espace public (rues, bâtiments publics) apparaissent noircis à l’écran.

« La nuit ils peuvent observer des bagarres, des dégradations, des incivilités et la journée il s’agit davantage d’infractions au Code de la route », explique Nicolas Andréotti, directeur de la police municipale de Bordeaux. En 2017, 1.700 infractions ont été relevées via la vidéo verbalisation. 90 % des caméras de la Ville seront alors en capacité de verbaliser les auteurs d’infractions routières.

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Une caméra pour 2.300 habitants à Bordeaux

En 15 ans, la Ville a considérablement augmenté son équipement en caméras de surveillance. Les 11 premières, qui concernaient les bornes d’accès aux zones piétonnes, sont installées en 2002 et aujourd’hui on en compte 105 au total. « A Nice il y a une caméra pour 300 habitants, à Marseille, une pour 650 et une pour 2.300 à Bordeaux », relativise Alain Juppé. Le budget de fonctionnement du centre est de 900.000 euros par an et environ 100.000 euros sont consacrés annuellement à l’installation de nouvelles caméras. « La sécurité est l’affaire de tous et la vidéoprotection y concourt », a estimé le préfet, rappelant que l’Etat avait versé une aide à la Ville pour cet équipement.

Juridiquement, pour installer de la vidéoprotection, il faut que la Ville obtienne une autorisation préfectorale après avis de la commission départementale de la vidéoprotection, présidée par un magistrat judiciaire.

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Quelle efficacité ?

Alors qu’en 2008, 1.372 images étaient transférées au centre d’information et de commandement de la police nationale, il s’agit aujourd’hui de 28.000 images. Et les réquisitions judiciaires délivrées à la police nationale sont passées sur cette période de 26 à 530. Deux cas peuvent se présenter pour l’utilisation des données collectées par les caméras : soit les agents constatent un délit et ils alertent alors les effectifs de la police municipale sur le terrain, soit les enquêteurs peuvent leur demander de visionner a posteriori des images, dans le cadre de leurs investigations. Toutes les images sont stockées pendant dix jours.

La vidéoprotection ne résout pas tous les problèmes en matière de délinquance et Alain Juppé a rappelé qu’il souhaitait que Bordeaux fasse partie des villes expérimentant « la police de sécurité du quotidien » lancée par le gouvernement Macron.