Bordeaux: Vingt prévenus, dont un caïd de la drogue, jugés pour un vaste trafic de cannabis

JUSTICE L'ensemble des prévenus comparaît pour un trafic de cannabis entre le Maroc et la France, opéré par une dizaine de « go fast »...

M.B. avec AFP

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Le tribunal de grande instance de Bordeaux.
Le tribunal de grande instance de Bordeaux. — E.Provenzano / 20 Minutes

Mohamed Benhabdelak, figure du grand banditisme connu pour une spectaculaire évasion en 2008 et une autre tentative avortée en Belgique en 2014, comparaît depuis lundi avec 19 autres prévenus devant un tribunal correctionnel de Bordeaux pour un trafic de cannabis entre le Maroc et la France, via l’Espagne.

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Une dizaine de prévenus étaient présents à l’audience, dont deux détenus mais Mohamed Benhabdelak, 38 ans, dit « Le bombé », n’a pas souhaité comparaître « pour raisons médicales », selon un de ses avocats Hugues Vigier, précisant qu’il souhaitait être entendu par vidéo-conférence.

Un trafic pour alimenter Nantes et la région parisienne

Les prévenus, dont une grande partie vient de Creil (Oise), sont jugés pour un trafic de cannabis organisé entre novembre 2011 et novembre 2012 via dix « go fast » entre le Maroc et la France. Pour le plus important (1,6 tonne de cannabis saisie à Urdos, dans les Pyrénées-Atlantiques), Mohamed Benhabdelak a obtenu précédemment un non-lieu, a précisé Hugues Vigier.

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Les autres prévenus sont poursuivis pour un ou plusieurs de ces « go fast », qui auraient servi à alimenter en drogue Nantes et la région parisienne.

Le « caïd » victime d’un deal d’une juge d’instruction avec un témoin ?

Les avocats de Mohamed Benhabdelak ont demandé le renvoi de cette affaire, remettant en question « l’impartialité du tribunal ». Selon eux, leur client a porté plainte en 2016 contre une juge d’instruction, qui exerce aujourd’hui des responsabilités au tribunal correctionnel de Bordeaux, pour avoir fait « un arrangement avec un témoin dans une affaire connexe ».

Le ministère public s’y est opposé, estimant qu'« il ne faut pas que Mohamed Benhabdelak soit mis en position de pouvoir choisir son juge » et le tribunal de Bordeaux a finalement rejeté la demande de renvoi.

Un commando puissamment armé l’avait fait s’évader de la prison de Beauvais

Mohamed Benhabdelak est notamment poursuivi pour complicité de transport et vente de stupéfiants « en récidive » et association de malfaiteurs. Il avait été arrêté en décembre 2008 au Maroc après s’être évadé un mois plus tôt à Beauvais, lorsqu’un commando puissamment armé avait percuté le véhicule de gendarmerie qui le transférait vers le bureau d’un juge d’instruction.

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Le 13 avril 2014, un autre commando lourdement armé avait ouvert le feu en tentant, en vain, de pénétrer dans la prison de Saint-Gilles, près de Bruxelles, où le caïd attendait son extradition vers la France.

L’avocat Olivier Martins, qui fut notamment l’avocat de Brahim Abdeslam, l’un des kamikazes islamistes des attentats de Paris le 13 novembre 2015, a été inculpé en mars 2017 par la justice belge, qui le soupçonne d’avoir pris part à cette tentative d’évasion avortée.

Le procès est prévu pour durer jusqu’au 8 décembre.