Bordeaux: Péages «intelligents», fret ferroviaire, les idées pour fluidifier le trafic sur la rocade

CIRCULATION La Métropole avance l’idée d’un adossement d’une partie de la rocade et de pénétrantes au réseau des concessionnaires autoroutiers, sans mise en place de nouveaux péages, pour lever des points de blocage...

Elsa Provenzano

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Bordeaux, rocade, 13 septembre 2011. Rocade bordelaise et bouchons. Embouteillage. - Photo : Sebastien Ortola
Bordeaux, rocade, 13 septembre 2011. Rocade bordelaise et bouchons. Embouteillage. - Photo : Sebastien Ortola — S. ORTOLA / 20 MINUTES
  • Dans le cadre des Assises de la mobilité des solutions pour fluidifier le trafic automobile ont été avancées par Bordeaux Métropole.
  • L’adossement d’une partie de la rocade au réseau des concessionnaires autoroutiers et la mise en place de péages « intelligents » ont été proposés.
  • Un appel au développement du fret ferroviaire pour faire baisser le nombre de poids lourds en circulation a aussi été lancé.

Les problèmes de circulation ne sont pas nouveaux sur l’agglomération mais l’attractivité de la Métropole contribue à les accentuer, en particulier sur la rocade Bordelaise. A l’occasion des Assises de la mobilité en octobre, organisées en amont de la loi d’orientation des mobilités, présentée au premier semestre 2018, la Métropole a fait plusieurs propositions pour améliorer les conditions de circulation. Elles ont été discutées en conseil ce vendredi. 

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Parmi celles-ci « l’adossement d’une partie de la rocade au réseau des concessionnaires autoroutiers, sans mise en place de nouveaux péages ». En clair, il s’agit d’utiliser les recettes des péages existants pour réaliser des travaux et lever différents points de blocages qui sont identifiés sur la rocade.

Les sociétés autoroutières à la rescousse ?

« Les points de dysfonctionnement sont bien identifiés, assure Gilles Calas, directeur de la construction de Vinci Autoroutes (concessionnaire sur l’A10). Les échangeurs 1 et 26 représentent de véritables goulots d’étranglement, quand on arrive sur Lormont l’échangeur passe à deux voies et la RN89 arrive, elle, sur des feux ». En tant que spécialiste technique il estime que traiter ces deux points est une « idée indispensable ». Les travaux, en plein milieu urbain seraient ardus, mais réalisables. Il s’agirait de mettre à 2 x 3 voies la section de la rocade entre les échangeurs 1 et 2 et d’améliorer la connexion entre l’échangeur 26 et la RN89.

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« Nous sommes prêts à envisager des extensions du périmètre de la concession (en contrepartie de cet adossement), assure Olivier Quoy, directeur général d’Atlandes, concessionnaire sur l’A63. On pense qu’il y a des opportunités et on est dans une logique de partenariat avec Bordeaux Métropole ». La capacité de l’autoroute pénétrante A63 est jugée insuffisante à l’arrivée sur la rocade et une mise à 2x3 voies est souhaitée par l'institution métropolitraine, notamment au profit des transports en commun et du covoiturage.

Pour rappel les travaux de mise à 2x3 voies de la partie ouest de la rocade, avec un financement partagé entre l’Etat et Bordeaux Métropole, devraient se terminer en 2022 au plus tard. L’adossement est présenté comme une solution avantageuse au sens où elle n’a pas recours à de l’argent public.

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Comment diminuer le trafic des poids lourds ?

Une moyenne journalière de 17.311 camions emprunte la rocade est, la partie la plus embouteillée, soit 15 % du trafic total. Dans son rapport, la Métropole envisage la mise en place de péages dits intelligents permettant de taxer uniquement les poids lourds. « Le flux des poids lourds est important mais il faut savoir qu’il n’est pas revenu au niveau de 2007, avant la crise économique en Espagne et au Portugal », nuance Olivier Quoy. Les recettes permettraient de « financer les politiques locales de mobilité », précise la collectivité.

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La Métropole a lancé un appel à l’Etat, s’inquiétant de la chute constante de la part modale du fret ferroviaire depuis les années 2000. Alors que 100 tonnes de marchandises transportées par la route génèrent 4 à 16 fois plus d’émissions de CO2 que le rail, elle estime que ce renoncement au fret est en contradiction avec les objectifs environnementaux, notamment ceux pris lors du Grenelle. Localement, elle regrette que la gare de triage d’Hourcade baisse encore ses effectifs et que son activité diminue fortement quand le fret apparaît pourtant comme un des leviers pour sortir des routes les trop nombreux camions de marchandises.

Les collectivités et les opérateurs suivront avec attention la loi sur les mobilités qui déterminera le cadre de leurs actions.