Bordeaux: Un écart conséquent de rémunération entre les élus de la majorité et ceux de l’opposition

POLITIQUE Lundi, une délibération portant sur les indemnités des élus locaux a été l’occasion pour les conseillers de l’opposition d’attirer l’attention sur l’écart important entre leurs rémunérations et celles de la majorité…

Elsa Provenzano

— 

Les élus d'opposition ont pointé un écart important entre leur rémunération et celle des élus de la majorité.
Les élus d'opposition ont pointé un écart important entre leur rémunération et celle des élus de la majorité. — MEHDI FEDOUACH / AFP
  • Une délibération sur les indemnités de fonction des élus locaux a provoqué un débat au sein du conseil municipal de Bordeaux, ce lundi.
  • Les élus de l’opposition ont fait remarquer que les délégués de la majorité gagnaient quatre fois plus qu’eux.
  • Alain Juppé a annoncé que « les marges de manœuvre » possibles pour améliorer l’écart entre les rémunérations allaient être examinées.

Lundi, lors du conseil municipal bordelais, une délibération assez banale, portant sur les indemnités de fonction des élus locaux (un changement d’indice dans la grille de la fonction territoriale qui va se traduire par quelques euros d’augmentation pour les élus, conformément à un décret du 26 janvier 2017) a été l’occasion pour les conseillers municipaux d’opposition de pointer l’inégalité de rémunération importante entre les élus d’opposition et ceux de la majorité, plaidant pour un véritable statut de l’élu.

>> A lire aussi : Les élus de la région Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine baissent leurs indemnités

Inégalités de traitements

L’écart de rémunération entre conseillers de l’opposition et de la majorité est important. Les premiers gagnent environ 350 euros bruts par mois contre 1.300 bruts mensuels pour les seconds, qui ont tous une délégation. « Si le nombre de délégations était fixe depuis des années, cela ne me poserait pas de problème, pointe Nicolas Guenro, conseiller municipal socialiste. Mais là, on a attendu de connaître le nombre de conseillers municipaux de la majorité pour décider du nombre de délégations ». Le maire touche, lui, près de 3.700 euros bruts, une indemnité qu’il a diminué pour réaffecter la différence à sa majorité.

>> A lire aussi : Grande région: Les nouveaux élus refusent l'augmentation de leurs indemnités

« C’est vrai qu’il y a une différence de rémunération entre les conseillers municipaux d’opposition et les délégués de la majorité qui est excessive, reconnaît Alain Juppé. On peut certes invoquer le fait que le délégué a une responsabilité qui n’est pas celle d’un conseiller municipal d’opposition. Mais c’est vrai que le différentiel est difficile à justifier, je ne sais pas si on a une marge de manœuvre, il faudra qu’on regarde en fonction des textes applicables ».

Un statut de l’élu à revoir ?

Nicolas Guenro qui a comme unique mandat celui de conseiller municipal est supposé siéger dans différentes commissions (pour les appels d’offres, la préparation des conseils municipaux) mais sa présence est aussi requise dans des réunions de conseils d’administration et bien sûr au conseil municipal. Tout cela en assumant une activité professionnelle en parallèle. « Mon intervention au Conseil ne visait pas à me plaindre mais à poser la question du statut de l’élu », souligne-t-il. Actuellement, pour obtenir une vraie disponibilité au service de sa fonction, le temps de l’exercice de son mandat, il faut être cumulard, selon lui. Un statut permettrait d’établir un cadre régissant le nombre de jours mis à disposition en fonction du type de mandat. « Ce travail d’élu de l’opposition prend énormément de temps et prive d’opportunités de carrières ailleurs, ajoute Matthieu Rouveyre, élu socialiste. Ce sont des choix ».

>> A lire aussi : Elections régionales: Les élus du Grand Est vont voir leurs indemnités diminuer de 20% ou presque

« Le statut de l’élu est un serpent de mer, avance Alain Juppé. Et on y arrivera jamais. Comment expliquer à l’opinion publique que les rémunérations des élus sont insuffisantes ? C’est un défi que personne ne relèvera et pourtant, c’est bien la question qui se pose ».

Il en a profité pour défendre les élus qui font, selon lui, l’objet d’injustes suspicions : « Sur le niveau des indemnités qui sont attachées aux élus, ne faisons pas de démagogie ni de populisme excessif, a lancé Alain Juppé, cette façon de considérer que les élus s’en mettent plein les poches sans rien faire est insupportable et va à l’encontre de la vie démocratique que nous voulons entretenir. Il y a des élus qui trichent et il faut les punir de la façon la plus sévère possible mais la grande majorité ne triche pas et mérite tout à fait ce qu’elle reçoit ».