Bordeaux: Des coursiers à vélo s’organisent en coopérative pour s’émanciper des plateformes

ECONOMIE Quatre coursiers Bordelais s’organisent en SCOP pour bénéficier d’un statut de salarié ou d’indépendant et améliorer leurs conditions de travail…

Elsa Provenzano

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Arthur, Arthur et Théo lancent une coopérative baptisée Coursiers Bordelais.
Arthur, Arthur et Théo lancent une coopérative baptisée Coursiers Bordelais. — E.Provenzano / 20 Minutes
  • Ils veulent améliorer leurs conditions de travail et bénéficier du statut d’indépendant ou de salarié, plus protecteur que celui d’auto-entrepreneur proposé par les plateformes de livraison de plats préparés.
  • Les tarifs seront calculés en fonction du poids du colis et de la distance parcourue pour la livraison.

« On en a marre de subir la relation avec les plateformes, qui ne respectent pas le statut d’indépendant », lance Arthur, l’un des quatre livreurs à l’origine du lancement de la coopérative Coursiers Bordelais. Tous les quatre ont des expériences de plusieurs années dans la livraison à domicile de restauration pour de grandes plateformes comme Deliveroo, UberEats ou Foodora et ont décidé comme cela se fait aussi à Nantes ou à Montpellier de s’organiser en créant une société coopérative et participative (Scop) de livraisons à vélo.

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Des livraisons de tous types

Dans ce type de structure « démocratique », souligne un autre coursier qui s’appelle également Arthur, et qui a participé localement au lancement du syndicat CGT de coursiers, chaque membre peut choisir d’avoir un statut de salarié ou d’indépendant alors que les plateformes demandent un recours à l’auto-entreprenariat qui prive par exemple les livreurs du droit à cotiser pour la retraite.

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Au-delà de la livraison de plats, les Coursiers Bordelais veulent proposer leurs services à tous les commerçants qui ont besoin de faire livrer leurs produits. Ils ont déjà convaincu une agence d’architectes et un fleuriste de leur faire confiance. Les tarifs, qu’ils souhaitent aligner sur ce qui est pratiqué, seront calculés en fonction du poids du colis et de la distance parcourue pour la livraison. « Il faut compter 7 euros pour une commande basique à moins de deux kilomètres », précise Arthur, à titre d’exemple.

C’est grâce à l’outil numérique Applicolis que les coursiers pourront gérer les commandes en direct avec leurs clients. Ils ont créé une association en préalable à la coopérative qui sera officiellement lancée dans quelques mois. Les coursiers estiment qu’il faudra environ six mois avant de commencer à pouvoir se salarier. Le statut de coopérative prévoit à terme une redistribution des bénéfices entre les salariés, quand l’entreprise sera rentable.

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Il on reçu des messages de soutien de leurs collègues et certains se montrent intéressés par ce modèle alternatif de livraison. « Prévenez-moi si vous embauchez ! », a lancé l’un d’entre eux, en découvrant l’initiative. La roue pourrait bien tourner pour les coursiers.