Bordeaux: La Métropole veut aménager des espaces pour l’installation des Roms

SOCIAL La métropole de Bordeaux va se prononcer lors de son prochain conseil sur une délibération proposant l'expérimentation de deux à trois « espaces temporaires d’insertion », sur le modèle de ce qu’a fait Strasbourg…

Elsa Provenzano

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A l'heure actuelle 800 personnes issues de la communauté Rom vivent sur l'agglomération.
A l'heure actuelle 800 personnes issues de la communauté Rom vivent sur l'agglomération. — VALINCO/SIPA
  • La Métropole réfléchit à installer des solutions de logements temporaires et services communs sur deux à trois terrains de l’agglomération en 2019, pour accueillir des personnes Roms et Bulgares en grande précarité.
  • Les personnes volontaires signeraient un contrat de 6 mois renouvelable engageant dans un parcours d’insertion.
  • Une enveloppe d’1,5 million d’euros pourrait être consacrée à ce projet.

« Il faut partir d’une réalité : il y a 800 familles roms et bulgares dont 250 enfants, qui vivent dans des squats sur l’agglomération Bordelaise », pointe Jean Touzeau, élu métropolitain (PS) en charge de l’habitat, du logement et de la politique de la Ville. Une délibération s’inspirant d’une initiative Strasbourgeoise va être proposée au vote le 7 novembre, dans le cadre d’une séance spéciale du conseil de Métropole, pour l’expérimentation d' « espaces temporaires d’insertion » pour ces populations, en 2019.

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L’élu souligne que des efforts ont déjà été fournis, notamment en termes de mise à disposition d’immeubles mais, il estime que « le constat actuel est insatisfaisant pour tout le monde : la police évacue les squats qui se déplacent alors vers les communes voisines ». Il rappelle aussi les problèmes de violences, de prostitutions et de trafic qui ont du mal à être endigués au sein de ces campements de fortune.

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20 à 25 familles maximum sur chaque terrain

Les communes de Bègles et Mérignac sont volontaires pour accueillir sur leurs sols ces « espaces temporaires d’insertion » qui comprendraient une partie logements provisoires (caravanes, bungalows, ou chalets) et d’espaces communs (sanitaires, gardiennage etc.) à proximité de transports en commun. « Sur ces deux à trois terrains, il y aurait à chaque fois 20 à 25 familles au maximum, qui seraient volontaires pour signer un contrat de six mois renouvelable », précise Jean Touzeau. Bordeaux pourrait aussi éventuellement accueillir un de ses espaces.

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Si la Métropole adopte cette délibération, un appel d’offres sera lancé pour déterminer quelles sont les associations qui assureront l’accompagnement social des familles (santé, emploi, formation, apprentissage de la langue, scolarisation des enfants etc.). La durée de renouvellement du contrat n’est pas encore fixée mais ne devrait pas excéder deux ans au total. L’enveloppe allouée à ce projet serait d’1,5 million d’euros. La Métropole se saisit du problème, tout en soulignant qu’il relève de la compétence de l’Etat, qu’elle sollicite sur ce dossier.