Bordeaux: Vague artificielle, chute libre et sports de sable indoor, le secteur du loisirs fait sa révolution

TENDANCE Des complexes de loisirs d’un nouveau genre vont voir le jour ces prochaines années sur la métropole bordelaise. Décryptage…

Mickaël Bosredon

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Visuel du projet de surf park à Bordeaux
Visuel du projet de surf park à Bordeaux — IDAE
  • Une vague artificielle géante est prévue sur le secteur de Bordeaux-Lac en 2021.
  • Un complexe consacré aux sports de sable sera créé dans le quartier Bastide-Niel.
  • Une soufflerie permettra de simuler la chute libre à Mérignac en 2018.

Surfer sur une immense vague artificielle. Pratiquer la chute libre dans une gigantesque soufflerie. Ou encore découvrir les joies des sports de sable, comme le beach-soccer ou le beach-volley, dans un complexe indoor de 8.000 m2.

Voici quelques-uns des projets de bases de loisirs d’un nouveau genre, qui devraient voir le jour entre 2018 et 2021 sur la métropole de Bordeaux.

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Le secteur du sport de loisirs prend un nouveau virage, et Bordeaux entend bien surfer sur cette vague, avec ses désormais 7 millions de touristes annuels, et 1 million d’habitants à l’horizon 2030.

Le projet Sand Spot dans le quartier Bastide Niel à Bordeaux
Le projet Sand Spot dans le quartier Bastide Niel à Bordeaux - Sand Spot

La plus grande salle d’escalade de France

Après l’ouverture du plus grand complexe de padel de la région à la rentrée dernière, le site du Décathlon Village à Mérignac va successivement accueillir Full Fly, un simulateur de chute libre, d’ici à la fin de l’année 2018, et Climb Up, qui se présente comme la plus grande salle d’escalade de France avec ses 2.000 m2 de surfaces grimpables, d’ici à juin 2018.

Le projet de salle d'escalade Climb Up, à Mérignac
Le projet de salle d'escalade Climb Up, à Mérignac - Climb Up

Directeur du Décathlon Village, Benoît Cazales analyse pour 20 Minutes cette révolution dans le monde des loisirs. « Il faut distinguer deux enjeux, assure-t-il : l’enjeu des centres commerciaux, dont le modèle traditionnel s’essouffle, et celui des activités de loisirs, qui se développe sur le territoire français. »

« Faire passer le centre commercial d’un lieu de consommation à un lieu de vie »

« Aujourd’hui, poursuit-il, il s’agit d’inventer le centre commercial de demain, c’est-à-dire le faire passer d’un lieu de consommation à un lieu de vie, pour donner au client envie de vivre une expérience autre que le simple acte d’achat classique. Avec la montée du e-commerce, nos visiteurs ne se satisfont plus du produit et du service, ils en veulent plus. L’ambition du Décathlon Village est donc de proposer cette expérience, grâce à de nouvelles activités cohérentes avec notre marque. Au final, on part à la conquête de nouveaux visiteurs grâce à ces nouveaux concepts. Les porteurs de projets, eux, veulent bénéficier de nos flux de clients, car, pour ce type de concepts, l’emplacement est primordial. »

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L’autre enjeu, poursuit Benoît Cazales, « c’est le marché du loisir et du sport, en forte croissance en France ». « Les Français sont demandeurs de nouveautés, face à la saturation de certaines activités, comme les salles de soccer. Aujourd’hui, c’est le padel qui émerge. Parallèlement, il y a des projets très ambitieux qui demandent beaucoup de moyens, comme le simulateur de chute libre et le Surf Park. Bordeaux est aujourd’hui une des villes les plus attractives de France, c’est donc assez normal que certains porteurs de projets veuillent s’installer ici. »

« On ne peut plus se contenter des bowlings et des kartings »

« Il y a sept ans, se souvient le directeur du Décathlon Village, on devait être en veille sur les projets à Bordeaux, aujourd’hui je reçois énormément de demandes et j’en refuse beaucoup, car je dois rester attentif à ce que l’on va implanter sur notre site, nos clients cherchant à vivre une expérience qu’ils ne retrouveront nulle part ailleurs. La première vague de projets du Décathlon Village est en train de se concrétiser, il va y en avoir d’autres, et je pense valider trois nouveaux projets d’ici à la fin de l’année. »

Le bâtiment Full Fly culminera à 16 mètres de hauteur à son ouverture à l'été 2018.
Le bâtiment Full Fly culminera à 16 mètres de hauteur à son ouverture à l'été 2018. - Moca Atelier d'architecture

« La population est à la recherche d’activités de ce genre-là, soutient Cédric Emeraud, l’un des deux porteurs du projet Full Fly à Mérignac. Bordeaux est de plus en plus convoitée, et il va falloir divertir les gens avec des activités innovantes, on ne peut plus se contenter des bowlings et des kartings. »

L’échec de l’Urban Ski à Eysines

Malgré ce dynamisme, certains projets ne verront peut-être pas le jour, quand d’autres lancés ces dernières années ont connu l’échec. C’est le cas de l’Urban Ski, ouvert à Eysines fin 2014, et qui a déjà dû fermer ses portes. « Pour moi, le problème de l’Urban Ski, c’était son emplacement à Eysines. Ce genre d’activité doit s’inscrire dans des zones qui amènent du flux », soutient Benoît Cazales.

« Il faut aussi que l’activité touche le plus grand nombre », assure Philippe Roger, l’un des deux concepteurs du Wave Surf Café, ouvert en juin 2015 à la galerie Tatry à Bordeaux. Il s’agit là aussi d’une vague artificielle pour surfer, mais dans un espace plus restreint que le projet de Surf Park. « Nous, on touche les enfants dès 8 ans, et on va jusqu’à 75 ans, on n’est pas dans un marché de niche. »

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Le Wave Surf Café a atteint son point d’équilibre dès la première année, et va désormais se développer. « Nous ouvrons un deuxième café d’ici à la fin de l’année à Perpignan, et nous sommes en contact avec deux autres villes en France. Notre objectif est d’en avoir cinq de plus sur l’ensemble du territoire. »

20 millions d’euros pour le Surf Park

Pour les projets de plus grande ampleur, se pose surtout la question du financement. Full Fly, c’est un investissement de 8,5 millions d’euros, et ce concept ne verra le jour que grâce à un partenariat avec un investisseur immobilier, CTI.

Visuel du projet de surf park à Bordeaux
Visuel du projet de surf park à Bordeaux - IDAE

Pour le Surf Park, qui devrait voir le jour en 2021 dans le secteur de Bordeaux-Lac, le chiffre de 20 millions d’euros est avancé par l’un des porteurs du projet, Lilian Labit, et c’est une association avec l’UCPA qui le rendra possible. L’UCPA a l’intention de fortement investir à Bordeaux, avec notamment un autre projet de « cathédrale des sports » au sein du futur quartier Brazza.

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