Retour au calme à Ford-Blanquefort

Orianne Dupont- ©2008 20 minutes
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Déblocage en force. Hier, vers midi, les barrages du site de Ford Aquitaine Industries (FAI) ont été levés, au moment même où des syndicalistes recevaient une assignation en justice. Selon l'avocat de FAI, si la direction n'avait pas choisi cette option avant ce jour, c'est parce qu'elle privilégiait le dialogue avec les salariés, mais avec l'arrêt de la production, l'intervention de la justice lui semblait inéluctable. FAI demande 10 000 euros d'astreinte par jour de blocage et 15 000 euros d'indemnités. « Le trouble illicite est caractérisé, FAI ne peut plus produire, et même si elle était suffisamment approvisionnée en pièces, la reprise du travail serait impossible pour des raisons de sécurité car il n'y a plus ni gants de protection ni bouchons pour les oreilles », explique l'avocat de Ford. 

Pour l'avocate des deux responsables syndicaux (Unsa et CGT) et du secrétaire du comité d'entreprise assignés, « c'est FAI qui provoque le trouble illicite car il laisse pourrir la situation. La dernière réunion avec la direction remonte à jeudi ! » Par ailleurs, elle a souligné qu'au moment de l'audience, rien n'empêchait le passage des camions. Le juge, qui doit rendre sa décision ce matin, a estimé hier que le conflit social devait être pris en compte dans cette affaire et a évoqué la possibilité de désigner un médiateur. Une demande que comptait d'ailleurs faire l'avocate. « Si un médiateur est nommé, on va privilégier la négociation car il faut sortir de cette crise », a commenté Francis Wilsius, le secrétaire du CE, à l'issue de l'audience. Les salariés devraient reprendre le travail d'ici à deux jours.