Affaire du moteur dans le vélo: «Ce n'est pas le seul!», prévient un coureur amateur

CYCLISME Ce dimanche en Dordogne, un cycliste a été arrêté pour la première fois en France avec ce dispositif...  

Clément Carpentier

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Un contrôle de vélo (illustration)
Un contrôle de vélo (illustration) — FABRICE COFFRINI
  • La découverte de ce cas de dopage mécanique ne surprend pas les habitués des pelotons du Sud-Ouest.
  • Il est « facile de se procurer ce genre de matériel dans les pays d’Europe de l’Est. On trouve pleins de trucs sur Internet », avance un coureur amateur.

« Cyril, c’est un très gentil garçon mais qui aime briller. » Quand Jean-Michel a découvert l’identité du coureur-tricheur, il n’a été « qu’à moitié surpris. » Cet ancien cycliste a, en effet, couru dans la même équipe pendant près de quatre ans avec celui qui s’est fait attraper avec un moteur sur son vélo lors d’une course en Dordogne.

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Pas du tout une surprise 

Si c’est une première en France, tout le monde « a déjà entendu parler » de ce dopage mécanique. C’est en tout cas ce que nous ont tous répondu nos interlocuteurs : un président de club de vélo, une organisatrice de course et donc cet ancien coureur amateur. « Je suis assez catastrophé par la nouvelle mais ça ne me surprend pas », avoue Jean-Michel Bordes, dirigeant du VC Burdigala 33.

D’autres préfèrent en sourire comme Jean-Michel : « J’étais mort de rire sur le coup. Franchement, faire ça pour quelques euros, ça rime à quoi. Mais, ce n’est pas le seul. Parfois, je trouve que certains pédalent bien pour leur âge. » Comme ce coureur dont se souvient Pierrette Augieras, « il gagnait toutes les primes des courses et puis, il disparaissait. Tout le monde le connaît dans le coin. Il a arrêté l’année dernière. »

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« On jette [de nouveau] l’opprobre sur ce sport »

Mais ce qui dérange le plus nos interlocuteurs, c’est une nouvelle fois l’image renvoyée par le cyclisme. « Le vélo n’avait vraiment pas besoin de ça. On commençait à oublier les années dramatiques du dopage scientifique et là, on va (re) jeter l’opprobre sur ce sport », regrette déjà Jean-Michel Bordes. Ce qui l’inquiète aussi, c’est le niveau auquel ce cycliste a été attrapé car « ça montre que tout le monde peut réussir à tricher. »

Ce coureur amateur du SA Mussidan avait, en effet, monté ce moteur lui-même selon les premières investigations de l’enquête. À en croire Jean-Michel, il est « facile de se procurer ce genre de matériel dans les pays d’Europe de l’Est. On trouve pleins de trucs sur Internet. » De son côté, le mis en cause a confié à d’autres coureurs qu’il avait acheté son vélo en Chine pour 1.500 euros, rapporte le journaliste de France Télévision, Thierry Vildary.

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Très difficile de faire des contrôles

Alors que faire pour lutter contre cette nouvelle forme de dopage ? Rien n’existe aujourd’hui affirme Pierrette Augieras : « En 50 ans, je n’ai jamais vu un contrôle sur mes courses ! » Les instances partent donc de très loin. Pour Jean-Jacques Bordes, « les commissaires des courses n’ont pas du tout le budget pour acheter des caméras infrarouges » et vérifier l’état des vélos.

Le moteur se trouvait dans l'un des bidons pendant la course.
Le moteur se trouvait dans l'un des bidons pendant la course. - Capture écran France Télévision

Pourtant, la seule chose qu’avance Jean-Michel, c’est bien de passer les vélos à la radio à la fin des courses quand les coureurs viennent de passer la ligne d’arrivée. Mais, ce Périgourdin souhaite « qu’on commence par se poser les bonnes questions sur les coureurs professionnels. Certaines performances interrogent alors que c’est à eux de montrer l’exemple. »