Bébé jeté dans la Garonne: 25 ans de prison requis contre le père

JUSTICE L’avocat général de la Cour d’Assises de la Gironde a requis 25 ans de réclusion criminelle et une interdiction du territoire française à l’encontre de l’accusé…

E.P. avec AFP

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Le père (g) d'un bébé, qui affirme avoir jeté son enfant dans la Garonne, est escorté par un policier au palais de justice de Bordeaux, le 13 novembre 2014
Le père (g) d'un bébé, qui affirme avoir jeté son enfant dans la Garonne, est escorté par un policier au palais de justice de Bordeaux, le 13 novembre 2014 — Mehdi Fedouach AFP

Une peine de 25 ans de réclusion a été requise vendredi par l'avocat général Eric Seguin à l'encontre d'Ablamvi Anani  jugé par la cour d'assises de la Gironde depuis mercredi  pour avoir jeté son bébé de quatre mois et demi dans la Garonne à Bordeaux en novembre 2014, sur fond de crise conjugale.

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L'avocat général a également réclamé une «interdiction définitive du territoire» français à l'encontre de ce Togolais de 33 ans, jugé jusqu'à ce vendredi pour « meurtre par ascendant sur un mineur de moins de quinze ans ».

L'homme, sans casier judiciaire, est accusé d'avoir volontairement jeté à l'eau son fils Aaron depuis les quais de la Garonne, en plein centre de Bordeaux, le 11 novembre 2014 en début de soirée. Le corps de l'enfant n'a jamais été retrouvé malgré le déploiement de plongeurs. 

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Un manque de « sincérité »

La police avait été alertée rapidement par des passants auprès desquels l'homme s'était dénoncé. Au cours de l'enquête, le père de famille a d'abord évoqué un « accident », affirmant que l'enfant lui avait glissé des mains. Il a ensuite dit avoir été sous l'emprise d'un sort que lui aurait été jeté l'ex-mari de sa compagne.

A l'audience, l'accusé n'a fourni aucune explication sur son geste, une situation regrettée par l'avocat général, Eric Seguin, qui a déploré son manque de « sincérité ». Au moment des faits, l'accusé, en situation irrégulière, était en conflit avec la mère de l'enfant, une Française d'origine togolaise, qu'il avait rencontrée via Facebook alors qu'il séjournait en Italie et avec laquelle il vivait depuis deux ans. Elle était elle-même mère de trois autres enfants.

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Sans troubles psychiatriques, l'homme, également père de trois autres enfants au Togo, présentait des symptômes de dépression.

Il encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Le verdict est attendu vendredi.