Alice au pays des angoisses

Sophie d'Ambra - ©2008 20 minutes

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Un mois à peine après l'annonce de la fermeture du site bordelais de Marie Brizard, quelque 550 emplois sont aujourd'hui menacés au centre d'appels d'Alice, situé place Ravezies. Le fournisseur d'accès Internet, qui accuse une dette de 1,2 milliard d'euros, est en effet en passe d'être vendu par sa maison-mère, Telecom Italia. « Nous craignons que 9 Telecom ou Numéricable, qui se montrent intéressés par notre société, ne nous rachètent que pour notre portefeuille de clients et notre réseau. Seul le troisième repreneur potentiel, Bouygues Telecom, pourrait nous conserver », affirme Didier Cazanave, porte-parole de l'intersyndicale.

Une délégation de représentants du personnel a donc fait part vendredi de ses inquiétudes à Alain Rousset, candidat PS à Bordeaux. Ce dernier, président de la région Aquitaine, s'est engagé à entrer en contact avec leur direction et a écrit à la ministre de l'Economie, Christine Lagarde. Dans sa lettre, il lui demande « d'intervenir afin qu'une approche globale soit mise en oeuvre dans le processus de cession de cette société, seule garantie pour la sauvegarde de ces emplois ».

Le représentant socialiste a profité de cette rencontre pour critiquer son adversaire, Alain Juppé, qui met l'accent, dans son programme, sur le développement du secteur tertiaire. Pour Alain Rousset, « cette fascination pour les centres d'appels est inquiétante, ce sont des sociétés d'une grande fragilité, facilement délocalisables, qui peuvent disparaître d'un coup de dé ».