Nouvelle-Aquitaine: Vers un «plan ferroviaire» pour sauver plusieurs lignes TER

TRANSPORTS Le président de la région Alain Rousset a annoncé ce lundi que plus d'un milliard d'euros seront nécessaires pour régénérer plusieurs lignes TER « en péril »...

Mickaël Bosredon
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Le 10 février 2016, illustration TER en gare de Blanquefort (Gironde)
Le 10 février 2016, illustration TER en gare de Blanquefort (Gironde) —
  • Plusieurs lignes sont en souffrance, comme celle entre Limoges et Angoulême ou entre Bergerac et Libourne.
  • Une situation qui va peut-être conduire à un plan ferroviaire avec l'Etat et la SNCF.
  • Pour financer ce plan la région rappelle qu'elle est toujours candidate pour expérimenter une taxe carbone sur les poids-lourds.

Plus d’un milliard d’euros. C’est la somme qu’il va falloir consacrer d'ici à 2030 pour régénérer plusieurs lignes TER en souffrance, voire « en péril », a annoncé ce lundi le président de la région Nouvelle-Aquitaine Alain Rousset. Ce constat fait suite à un audit réalisé sur l’ensemble des lignes de la région par SNCF Réseau.

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« Cet audit a démontré la faiblesse de notre réseau, et c’est peu de le dire car certaines lignes sont en péril », s’inquiète le président de la région. Parmi elles, celles entre Limoges et Angoulême ou entre Bergerac et Libourne. « Plus récemment, il y a une semaine, nous avons été alertés par la SNCF d’un problème sur la ligne Poitiers-Limoges, qui va obliger la compagnie à une réduction de vitesse des trains, et donc à un allongement du temps de parcours, qui va passer d’1 h 45 à plus de deux heures. »

La région candidate pour expérimenter une taxe carbone

Cela va « peut-être conduire à la création d’un plan ferroviaire avec l’Etat et la SNCF, pour déterminer les priorités. » Des priorités qui se chiffreraient déjà à 600 millions d’euros, à mettre en oeuvre d'ici à 2020. Et « il ne s’agit pas là d’améliorations de la performance, mais juste de conserver le réseau en l’état et de rattraper le retard dans l’entretien et la maintenance des lignes. »

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Avant l’adoption éventuelle de ce plan, il va falloir effectuer « une évaluation des ressources fiscales de la région ». Et Alain Rousset de rappeler que la Nouvelle-Aquitaine est « candidate pour expérimenter une taxe carbone sur les poids lourds à l’échelle de la région. » Il rappelle à ce sujet que « 9.000 à 10.000 camions par jour traversent le territoire de la Nouvelle-Aquitaine » qui est par ailleurs « la région où le transport de marchandises par le train est le plus faible, de l’ordre de 2,5 %, contre 20 à 25 % entre la France et l’Allemagne et entre la France et l’Italie. »

Un argument qui, pour le président de la Nouvelle-Aquitaine, plaide en la faveur de la création d'une deuxième ligne LGV, entre Bordeaux et Toulouse d'une part, et Bordeaux et l'Espagne d'autre part. « Mais là aussi il faudra de nouvelles sources de financement. Le modèle de la LGV comme on l'a connu est totalement intenable aujourd'hui. »

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Faire basculer les 5.000 cars scolaires vers le gaz et l’électrique

Enfin, rappelant que la région a récupéré depuis le 1er septembre la responsabilité des transports scolaires, Alain Rousset dit avoir « quelques idées sur cette nouvelle compétence. » « Cela représente 5.000 cars. Moi, je me demande comment on peut basculer vers des motorisations au gaz, ou comment expérimenter l’électrique. Par ailleurs, je dois prochainement rencontrer un investisseur intéressé pour créer sur la région une ligne de fabrication de bus, alors qu’actuellement nous les importons de l’étranger. »